DE VILLE EN VILLE (3/5). Des édifices ottomans, des quartiers Art déco à l’abandon, des bâtiments futuristes en béton des années 1970 : la capitale irakienne est riche de mille et une strates, accumulées au fil d’une histoire mouvementée, raconte le journaliste australien Ben Buckland dans “Foreign Policy”. Aujourd’hui, la question se pose de savoir quoi rénover, quoi conserver, alors qu’une nouvelle Bagdad flambant neuve a commencé à sortir de terre.
C’est le petit matin. Une brise rafraîchissante monte des rives du Tigre. Planté devant une porte dans une rue de Bagdad, une carte à la main, je n’arrive pas à savoir si je suis au bon endroit. Un chat me fixe du haut d’un mur en ruine.
Je cherche la maison d’Isaac Amit, qui a vécu ici jusqu’en 1971. Sa famille a fui l’Irak après l’arrivée au pouvoir du parti Baas [en 1968, voir chrono] et ils ont été parmi les derniers représentants de la communauté juive de Bagdad à quitter la ville. J’ai avec moi le dessin de la maison qu’Amit m’a envoyé. “Je me souviens de chaque recoin, m’a-t-il dit. Je m’en souviens très bien, car je n’ai jamais vécu ailleurs.”
J’aimerais connaître la ville aussi bien qu’Isaac. Devant moi s’étendent des dizaines de maisons délabrées, chacune avec sa propre histoire. Malgré le dessin d’Amit, je ne parviens pas à identifier celle qui fut la sienne. Je continue donc mon chemin.
L’architecture de la ville de Bagdad est extraordinaire : des quartiers Art déco à l’abandon, un gymnase Le Corbusier, et la grande gare construite par les Britanniques [en 1953], qui ont mis à profit toutes les astuces architecturales découvertes sur le sous-continent indien pour s’adapter aux contraintes de la chaleur. Le modernisme du milieu du XXe siècle a en effet prospéré jusque
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Fondé en 1970 dans le but de “stimuler le débat sur les questions essentielles de la politique étrangère américaine”, Foreign Policy a longtemps été une revue universitaire avant de devenir un bimestriel en 2000. Son ambition aujourd’hui : être le premier “magazine sur la politique, l’économie et les idées internationales”. Dirigé depuis novembre 2020 par Ravi Agrawal, le titre appartient à la Graham Holdings Company qui possède aussi le site Slate. Foreign Policy a lancé au début des années 2000 plusieurs éditions étrangères, en Europe, en Afrique, Au Moyen-Orient, en Asie et en Amérique latine et en 2009, a complètement transformé son site internet. ForeignPolicy.com se veut le premier quotidien en ligne traitant des questions de politique étrangère et de sécurité nationale. Aux enquêtes et reportages journalistiques s’ajoutent de nombreuses contributions d’experts des relations internationales, avec des orientations politiques très variées.
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