“L’Afrique retient son souffle”, résume Le Pays. En “refaisant surface” en République démocratique du Congo (RDC), le virus Ebola a provoqué “un branle-bas mondial”, observe le quotidien burkinabè.
L’OMS a déclenché dimanche 17 mai son deuxième niveau d’alerte internationale le plus élevé face à l’épidémie qui frappe le pays, un premier cas ayant été confirmé à Goma, grande ville de l’est contrôlée par le groupe armé antigouvernemental M23. Selon le dernier bilan de l’agence sanitaire de l’Union africaine (Africa CDC) samedi, 88 décès vraisemblablement dus au virus ont été enregistrés, sur 336 cas suspects. Le décès d’un Congolais de 59 ans a aussi été signalé en Ouganda voisin.
L’épidémie en cours, déclarée par les autorités sanitaires congolaises et internationales vendredi, “constitue une urgence de santé publique de portée internationale (USPPI), mais ne répond pas aux critères d’une urgence pandémique”, a toutefois précisé sur X le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus.
“Le Centre africain de contrôle et de prévention des maladies a” néanmoins “mis en garde contre un risque élevé de propagation en raison de plusieurs facteurs, notamment la forte mobilité des populations, les activités minières dans la région de Mongwalu, l’insécurité persistante dans les zones touchées ainsi que la proximité avec l’Ouganda”, souligne le site panafricain Koaci.
“Ebola ressurgit dans un contexte de guerre, avec son lot de déplacés potentiellement dangereux pour les pays voisins”, souligne Le Pays.
Pour le quotidien burkinabè, “le péril est d’autant plus grand qu’Ebola signe son retour au moment où une autre épidémie se signale. Il s’agit d’hantavirus qui, à son actif, a déjà fait plusieurs victimes à travers le monde. Bien des pays africains étaient en train de se préparer à faire face à cette zoonose. Et voilà qu’Ebola vient rebattre toutes les cartes. D’où la nécessité pour tous les pays, notamment africains, de disposer de plans de riposte à même de faire face à toute situation.
Interrogations sur l’impact du démantèlement de l’aide américaine
L’épidémie d’Ebola survient alors que l’OMS ouvre lundi son Assemblée annuelle à Genève, avec au programme un traité pandémique et les retraits américain et argentin. Bien que les récentes résurgences d’hantavirus et d’Ebola soient absentes de l’ordre du jour, elles devraient s’inviter dans les discussions de cette 79e Assemblée. Il sera “intéressant de voir” comment l’hantavirus “sera utilisé notamment par l’OMS pour faire pression” sur les États qui souhaitent quitter l’organisation, afin qu’ils restent, confiait récemment à l’Agence France-Presse (AFP) un diplomate, sous couvert d’anonymat.
La presse américaine s’est, elle, interrogée dimanche sur l’impact qu’a pu avoir le démantèlement de l’Agence américaine pour le développement international (USAID) – décidé par Donald Trump après son retour à la Maison-Blanche –, sur l’épidémie d’Ebola.
L’USAID “a joué un rôle majeur dans le contrôle de précédentes épidémies. […] On ne sait pas encore dans quelle mesure ce démantèlement a pu affecter la réponse à cette flambée” de cas, observe The New York Times.
Le médecin Atul Gawande, qui a occupé le poste d’administrateur adjoint chargé de la santé mondiale à l’USAID sous l’administration Biden, a suggéré dimanche sur les réseaux sociaux que la dernière flambée aurait pu passer inaperçue pendant plusieurs semaines, en raison de l’arrêt de certaines activités menées par les agences américaines qui contribuaient auparavant à détecter plus tôt les épidémies, rapporte le quotidien new-yorkais.
Selon une information du Washington Post, « un petit nombre d’Américains présents en République démocratique du Congo pourraient » par ailleurs « avoir été exposés à des cas suspects d’Ebola”. “Au moins une personne présentant des symptômes pourrait devoir être évacuée”, selon deux sources ayant eu connaissance de discussions internes. Ces Américains, dont une famille avec enfants, travaillent pour une ONG dans la zone touchée, dans l’est du Congo, ont-elles précisé dimanche.
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