C’est en Espagne que Bad Bunny vient d’entamer sa tournée européenne, avant un passage en France prévu pour le début de juillet. À cette occasion, “El País” retrace l’ascension fulgurante de cet enfant de Porto Rico qui s’est hissé au sommet de la pop mondiale, en faisant rayonner le reggaeton et l’espagnol. Et qui incarne une résistance culturelle dans les États-Unis de Trump.
Il était une fois un lapin. La légende raconte qu’une photo d’enfance le montrait déguisé en lapin blanc, avec un air espiègle. C’est de là que lui serait venue l’idée du nom de scène “Bad Bunny” (“Lapin méchant” en français), un nom qui renvoie également à un personnage emblématique de la pop culture : Bugs Bunny. Ce lapin moqueur et rebelle est peut-être (avec Mickey Mouse) le plus grand personnage de dessin animé de tous les temps.
Puis, au cours de ses dix ans de carrière, Bad Bunny a progressivement changé et mûri, jusqu’à ce que son pseudonyme cède peu à peu la place à son vrai nom. Aujourd’hui, “Benito” a quasiment éclipsé son nom de scène, au point de presque sonner comme un cri de guerre scandé par les fans.
Mais de quelle guerre s’agit-il ?
Vanessa Díaz, enseignante, en parle comme d’une “mission”.
“Quelle mission ?
— Montrer la réalité de son pays.”
Un vécu colonial
Vanessa Díaz nous répond depuis son bureau de l’université Loyola Marymount, à Los Angeles, où elle donne un cours sur le chanteur. “Je l’ai étudié dès ses débuts, et il a toujours affiché une certaine conscience politique, mais au fil des ans il a beaucoup affiné son discours”, explique-t-elle. Cette conscience lui vient-elle de sa famille ?
“Selon moi, c’est plutôt quelque chose de générationnel, en lien
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Inclus dans la livraison dominicale d’El País depuis la création du quotidien en 1976, le magazine est réputé pour ses signatures et la diversité de ses reportages au long cours. Ce supplément hebdomadaire au style épuré s’intéresse aussi à une diversité de sujets traitant entre autres de mode et publiant des interviews intimistes, le tout illustré avec soin.
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