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Comment des médecins radiés ont franchi la frontière franco-belge pour continuer à exercer

Faute de lire les alertes européennes sur des suspensions ou des radiations, la Belgique et la France laissent des praticiens au passé problématique exercer sur leur territoire.

Comment des médecins radiés ont franchi la frontière franco-belge pour continuer à exercer
HaitiCreoleRadio.com

A n’en pas douter, le docteur A. est digne de confiance. Le grand hôpital public qui l’emploie à Bruxelles, les diplômes académiques qu’il produit sur le portail Internet de l’établissement, et ce sourire esquissé sur la photo… Assurément, le docteur A. est digne de confiance. Comment pourrait-il en être autrement ?

Pourtant, ce médecin de 65 ans, spécialisé en cardiologie et maladies vasculaires, qui consulte « tous les jours de la semaine, sur deux sites », comme le confirme la standardiste à l’accueil ce jour de mars, cache un lourd secret : il est sous le coup d’une « interdiction définitive d’exercer la médecine » en France.

Le tribunal correctionnel d’Aix-en-Provence l’a condamné en avril 2024 à quatre ans de prison, dont dix-huit mois ferme sous bracelet électronique, pour des agressions sexuelles commises sur au moins 12 patientes, en 2017 et 2018, dans son cabinet du sud de la France. Selon leurs récits concordants, les victimes, venues pour des troubles cardiaques, ont subi des palpations, sur leurs seins, leurs fesses, leurs parties intimes, des scènes filmées à leur insu par le docteur A. Le 1er mars 2025, l’ordre des médecins français l’a radié.

Ce cas n’est pas isolé. Pendant plusieurs semaines, Le Monde, avec le consortium Organized Crime and Corruption Reporting Project (OCCRP), le quotidien belge De Tijd et « L’œil du 20 heures » (France 2), a enquêté sur ces médecins européens qui, bien qu’interdits d’exercer dans leur pays, pratiquent hors des radars dans un autre, mettant potentiellement en danger de nouveaux patients.

Passagers clandestins de la médecine

Dès octobre 2025, l’OCCRP avait porté le sujet sur la place publique, en révélant dans l’enquête « Bad Practice » (« mauvaise pratique »), coordonnée avec le journal norvégien VG et The Times, que le système d’information du marché intérieur (IMI), justement créé par l’Union européenne pour permettre d’échanger au niveau européen les décisions de radiation, était peu utilisé, voire pas du tout.

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