L’euro numérique, dont le Parlement européen examine la création, mardi 23 juin, pourrait permettre de réduire la dépendance du continent aux américains Visa et Mastercard, qui dominent très largement le monde des paiements.
Comment s’en servir ?
L’euro numérique permettra d’effectuer des paiements dans les magasins, en ligne et entre particuliers, quel que soit le pays de la zone euro. Chacun pourra créer un portefeuille numérique, à partir de son compte bancaire ou en y déposant des espèces, via un bureau de poste par exemple.
Les paiements s’effectueront ensuite au moyen d’une carte bancaire classique ou d’un téléphone. Les consommateurs continueront donc d’utiliser leur banque comme interface commerciale. Mais l’argent qu’ils dépenseront sera une créance directe auprès de la Banque centrale européenne (BCE), et non plus de leur banque.
Quel est son intérêt ?
Les transactions seront à la fois moins chères et plus rapides qu’aujourd’hui. Actuellement, lorsqu’un consommateur effectue un paiement dématérialisé dans un magasin, le commerçant ne reçoit pas immédiatement l’argent. Les paiements en euros numériques seront, eux, instantanés.
Par ailleurs, aucun frais ne sera prélevé sur les transactions. L’euro numérique sera donc gratuit pour les consommateurs et économiquement avantageux pour les commerçants, aujourd’hui soumis aux commissions de Visa et de Mastercard. L’Europe souhaite ainsi réduire sa dépendance à ces deux acteurs américains, qui dominent très largement les paiements. Elle en fait un enjeu de souveraineté.
Autre avantage : l’euro numérique pourra être utilisé sans connexion Internet, grâce à une fonction de paiement hors ligne, donc y compris quand le réseau Internet ou l’électricité seront en panne. En avril 2025, une coupure de courant généralisée en Espagne et au Portugal avait bloqué les paiements par carte et par téléphone pendant quelques heures. Idem à Mayotte, durant la tempête de décembre 2024. Ces crises avaient révélé la fragilité de nos systèmes de paiement. L’euro numérique se veut donc aussi un outil de résilience.
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