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Conseil de Sécurité | Texte complet de l’intervention de Raina Forbin annonçant que le CEP publiera « dans les prochains jours » le calendrier électoral, malgré 800 000 doublons non audités

Ce discours complètement détaché de la réalité du terrain fournit plusieurs déclarations qui pourront être confrontées aux autres interventions de la séance, notamment celles de Carlos Ruiz Massieu, Mike Waltz, Monica Juma, Jack Christofides, ainsi qu’au rapport du Secrétaire général.

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Conseil de Sécurité | Texte complet de l’intervention de Raina Forbin annonçant que le CEP publiera « dans les prochains jours » le calendrier électoral, malgré 800 000 doublons non audités

  • by Rezo Nodwes
  • 20 juillet 2026
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Ce discours complètement détaché de la réalité du terrain fournit plusieurs déclarations qui pourront être confrontées aux autres interventions de la séance, notamment celles de Carlos Ruiz Massieu, Mike Waltz, Monica Juma, Jack Christofides, ainsi qu’au rapport du Secrétaire général. Les principaux points avancés par la ministre sont les suivants :

NEW YORK, lundi 20 juillet 2026 — La ministre haïtienne de facto des Affaires étrangères et des Cultes, Raina Forbin, a annoncé devant le Conseil de sécurité des Nations unies que le Conseil électoral provisoire devrait publier le calendrier officiel des élections « dans les prochains jours ». Présentant une lecture résolument optimiste de la situation nationale, elle a également affirmé que plusieurs familles déplacées avaient regagné leur domicile après la fermeture de trois camps. Le discours n’a toutefois fourni aucun bilan relatif à l’arrestation, au jugement ou à la condamnation des principaux commandants de gangs qui continuent d’exercer une autorité armée sur plusieurs territoires.

« Deux des trois phases nécessaires à la tenue des élections nationales ont déjà été achevées », a déclaré Raina Forbin, ajoutant dans un discours déphasé que « la phase restante incombe au Conseil électoral provisoire, qui devrait publier le calendrier électoral officiel dans les prochains jours ». Cette formule engage désormais directement le CEP, déjà confronté depuis plusieurs mois aux interrogations sur l’absence d’une date formelle de scrutin, les conditions sécuritaires, la fiabilité du registre électoral et l’accessibilité des centres de vote.

La ministre a soutenu que le processus électoral serait « pleinement opérationnel ». Selon elle, l’enregistrement des partis politiques est terminé et celui des électeurs est en cours. « Le gouvernement haïtien demeure convaincu, plus que jamais, que la seule voie permettant à Haïti de progresser passe par la tenue d’élections », a-t-elle affirmé.

Une telle déclaration place le CEP devant une obligation politique de résultat. Combien de jours recouvre exactement l’expression « dans les prochains jours » ? Le calendrier attendu indiquera-t-il une date ferme, juridiquement opposable et techniquement réalisable, ou proposera-t-il une nouvelle séquence conditionnelle dépendant de l’évolution de la sécurité ? La ministre n’a précisé ni le jour de publication ni la période envisagée pour le premier tour.

Raina Forbin a par ailleurs affirmé que sept des dix départements seraient prêts à accueillir des activités électorales « sans obstacles sécuritaires majeurs ». Elle a toutefois reconnu que le déploiement de la Force de répression des gangs demeurait indispensable dans les trois autres départements pour garantir à chaque citoyen le droit de choisir librement ses dirigeants.

Cette présentation appelle une interrogation majeure : les trois départements non sécurisés concentrent-ils une part déterminante du corps électoral, des centres de vote et de la population déplacée ? Les préparatifs administratifs dans sept départements peuvent difficilement suffire à qualifier un scrutin de national, inclusif et participatif si une fraction importante des électeurs de l’Ouest, du Centre ou de l’Artibonite reste exposée aux groupes armés, aux déplacements forcés et aux restrictions de circulation.

La déclaration de la ministre tentant de faire croire que la pays est sorti au bord du chaos, intervient au moment où près de 1,5 million de personnes ont été déplacées par les violences et où plus de la moitié de la population haïtienne dépend d’une forme d’assistance humanitaire. L’Associated Press rapporte également que plus de 2 300 personnes ont été tuées et plus de 1 100 blessées depuis janvier 2026, selon les données présentées par les Nations unies.

Raina Forbin a néanmoins annoncé des résultats qu’elle a qualifiés d’« encourageants ». « Trois camps de personnes déplacées ont été fermés, permettant à de nombreuses familles de retourner chez elles », a-t-elle déclaré. Aucun chiffre précis n’a été communiqué sur le nombre de familles concernées, les quartiers regagnés, les garanties de sécurité accordées, l’état des maisons abandonnées ou incendiées, ni les mécanismes de suivi mis en place pour éviter de nouveaux déplacements.

La fermeture administrative d’un camp ne signifie pas nécessairement que ses occupants ont retrouvé durablement leur résidence. Les familles sont-elles effectivement rentrées chez elles ? Certaines ont-elles plutôt été transférées vers d’autres sites, accueillies par des proches ou contraintes de rechercher un hébergement informel ? Le gouvernement devra documenter ces retours, identifier les zones concernées et établir qu’ils sont volontaires, sécurisés et durables.

Cette déclaration contraste fortement avec la réalité observée sur le terrain.où des centaines de milliers de déplacés vivent encore dans des conditions précaires. En mai 2026, des habitants de Cité Soleil nouvellement chassés par les violences réclamaient toujours la protection de l’État, tandis que des établissements hospitaliers avaient dû évacuer leurs patients sous la pression des affrontements armés.

La ministre a aussi annoncé que plus de 2 000 policiers avaient été formés dans le cadre du programme gouvernemental « P-4000 » et que 1 500 recrues étaient en cours d’intégration dans les Forces armées d’Haïti. Selon elle, la PNH devrait compter 4 000 agents supplémentaires d’ici la fin de l’année, tandis que les FAd’H accueilleraient 1 500 nouveaux militaires.

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