Lorsque Colombie-République démocratique du Congo s’est achevé, mercredi [24 juin] vers 6 heures du matin à Bruxelles, la Coupe du monde avait livré son 48e match en treize jours. Le spectateur européen, lui, venait surtout d’achever deux semaines de négociations avec son réveil. Certaines rencontres furent vues, d’autres découvertes au saut du lit par notifications interposées.

Embêtant, mais pas ennuyeux. Le tournoi n’est d’ailleurs pas avare. Cent quarante et un buts ont été inscrits [jusqu’au 24 juin], soit 2,94 par match, et seulement quatre rencontres se sont terminées sur un 0-0. L’ennui n’est donc pas dans le score. Il est dans l’accumulation. Vexation suprême pour les Diables, Zlatan Ibrahimovic, gavé de matchs, a reconnu s’être endormi devant Belgique-Iran. De l’aveu même de certains observateurs, le Mondial est regardé de loin comme un “bruit ambiant” : des voix venues du téléviseur, des formes aperçues entre deux conversations. Bref, du foot que l’on croit avoir suivi parce que le poste était allumé.

Après 48 matchs, cinq équipes seulement étaient éliminées. Quatre avaient déjà gagné leur groupe, mais 43 pays restaient dans le tournoi, conséquence d’un format qui en qualifiera 32 sur 48. La compétition a beaucoup produit mais encore peu tranché. Elle offre des buts e