En Allemagne, l’eau gazeuse fait partie intégrante de notre culture. L’origine en remonte au XIXe siècle, à des sources thermales comme Selters et Baden-Baden [dans l’ouest du pays], ou à la source Apollinaris, près de Bad Neuenahr [qui appartient désormais à Coca-Cola]. Cette eau avait la réputation d’être bonne pour la santé.
Toutefois, il lui fallait absolument des bouteilles en verre [pour que sa consommation se démocratise]. La bière ou les spiritueux pouvaient facilement être transportés dans des tonneaux, mais pas l’eau gazeuse – le gaz carbonique s’évaporait. La faïence coûtait trop cher, le bois ne convenait pas. Seul le verre en permettait le transport. Or la production de ce dernier était techniquement si complexe, si gourmande en énergie et par conséquent si onéreuse qu’en Italie, par exemple, il a fallu attendre la fin du XIXe siècle pour qu’elle atteigne une échelle industrielle.
C’est avec l’industrialisation que la perception de l’eau gazeuse a changé. Soudain, elle est devenue en Allemagne synonyme de pureté, de fiabilité et de santé – autant de choses qui étaient particulièrement estimées au XIXe siècle. Dans la vie quotidienne, elle s’est transformée en un idéal technique de propreté, incarnation d’une nature maîtrisée. Une représentation qui a toujours cours
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