Quiconque s’est déjà retrouvé, aux heures de pointe, à attendre à un carrefour de Farmgate [dans le centre de Dacca], ou à lutter contre la marée humaine qui envahit le quartier de Gulistan [un peu plus au sud], dressera le même constat : la situation semble défier les lois de la physique.

C’est un véritable tourbillon sensoriel, où se mêlent le tintement des sonnettes de touk-touks, le grondement de centaines de klaxons et le sifflement des bus d’un autre âge. Une marée humaine où semble s’être condensée la nation tout entière, réunie en un seul lieu, dans un terrible vrombissement. Depuis des années, les riverains sentent les murs les emprisonner chaque jour un peu plus, l’air se charger [de pollution] et les routes s’obstruer progressivement. Dacca est sur le point d’exploser.

D’après le rapport des Nations unies sur l’urbanisation dans le monde publié l’an dernier, Dacca est officiellement devenue la deuxième ville du monde pour la population. Avec 36,6 millions d’habitants, la capitale du Bangladesh a devancé Tokyo, et figure désormais juste derrière Jakarta et ses 41,9 millions d’habitants. D’ici à 2050, Dacca devrait arriver en tête du classement, avec un stupéfiant total, selon l’ONU, de 52,1 millions d’habitants.

Une question de survie

L’expansion de Dacca n’est pas seu