“Certains me traitent comme l’incarnation du Covid. D’autres toussent exprès en me voyant, provoquant rires et moqueries. J’aimerais qu’on respecte les autres et qu’on comprenne leur souffrance.” En mars 2020, alors qu’elle évoluait en première division espagnole de football féminin, Maya Yamamoto se plaignait ainsi sur les réseaux sociaux de discrimination à son égard.

À l’époque, le nouveau coronavirus se propageait à travers le monde, de même que l’hypothèse selon laquelle l’épidémie avait éclaté en Chine. “Tout Asiatique était généralement considéré comme chinois, se rappelle la footballeuse. Il me suffisait de marcher dans la rue pour qu’on me lance ‘corona’ ou ‘Chine’.

Lors de ses matchs à l’extérieur, on lui criait : “Retourne dans ton pays !” Elle avait l’impression que la discrimination inconsciente devenait également normale. “Tu manges du chien, non ?” lui a un jour demandé l’une de ses coéquipières en plaisantant à moitié. “C’est de la discrimination, ça ne me fait pas rire”, lui a répondu Maya fermement.

“Hé, le Chinois, ouvre les yeux !”

Si elle a décidé de partager ces expériences sur les réseaux sociaux, c’est parce qu’elle devinait qu’elle n’était pas la seule victime. “Je pouvais tout garder pour moi et faire comme si ce n’était jamais arrivé, mais dans ce cas