Dans sa rubrique Ici et là-bas, le quotidien Die Zeit évoque les parcours d’Allemands aux profils très divers et dont le point commun est de s’être expatriés aux quatre coins du monde. On peut notamment y lire le portrait de Ruth Gutenberg. Passionnée par la Nouvelle-Zélande depuis sa lecture, enfant, du Seigneur des anneaux, elle a l’occasion d’y séjourner pour de longues vacances de quatre mois en camping-car en 2013. À son retour, elle devient avocate, mais le rêve de s’installer dans ce pays ne la quitte pas. Elle y retourne en 2016, travaille à Queenstown, mais finit par rejoindre l’Allemagne pour finir sa formation de droit. Ensuite, avec son mari, l’évidence s’impose : il faut repartir. “La qualité de vie ici est incomparable, affirme-t-elle. J’aspirais à émigrer depuis si longtemps que le départ n’a pas été difficile. Après tout, j’ai pu emmener mon compagnon et mon cheval. Parallèlement, j’ai trouvé le moyen de travailler entièrement à distance comme avocate allemande. Je me suis mise à mon compte et j’ai créé un cabinet spécialisé en droit de la famille et des successions.”

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Devant un choix si sûr et mûrement réfléchi, ses proches se montrent compréhensifs, même si quelques amitiés se perdent en chemin. Évidemment, la distance signifie aussi manquer des occasions importantes, comme la naissance d’un filleul ou d’un neveu.

Des changements importants

Le couple adore néanmoins sa vie actuelle, entièrement tournée vers la nature. Côté financier, le coût de la vie est plus élevé qu’en Allemagne et cela nécessite adaptation et compromis. Par exemple, le couple vit dans une grande maison qu’ils louent et partagent avec des colocataires. “En Allemagne, nous pourrions probablement nous offrir notre propre appartement. Mais ici, nous avons beaucoup d’espace et une vue magnifique sur les montagnes”, explique l’avocate.

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Elle travaille entièrement à distance, et cela ne lui pose pas de problème : elle ne travaille à l’heure allemande que pour les rendez-vous et les audiences, ce qui l’a fait se coucher parfois un peu tard mais lui permet, alors qu’elle n’est “pas du matin”, de décaler sa journée.

Attention aux difficultés

Interrogée par le quotidien sur ce qui lui manque en Allemagne, elle n’hésite pourtant pas : “L’État-providence.” En Nouvelle-Zélande, il y a moins de protection des salariés, moins de congés payés, les locataires sont moins bien protégés et le système de santé moins performant. Ce sont des points très importants mais qui n’ont pas prémuni Ruth Gutenberg d’“une sorte de choc culturel inversé” quand elle est rentrée en Allemagne pour des vacances il y a deux ans. Elle a trouvé les gens “incroyablement désagréables” et se dit “préoccupée par le climat politique en Allemagne, notamment par la dérive à droite”.

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Si elle est certaine de son choix, elle a tout de même un conseil : se faire accompagner.

“On n’est jamais trop informé. La procédure pour obtenir un visa est épuisante et humiliante […]. Je pensais pouvoir gérer la procédure, car je suis avocate. Mais le système change constamment. Seul un consultant en immigration a une chance de réussir.”

Malgré les obstacles, quand la Zeit lui demande si elle éprouve des regrets, elle répond par la négative sans hésiter. Retourner vivre en Allemagne est quelque chose qu’elle ne “peut pas imaginer”.