À Paris, voici revenue cette période de l’année où une brise fraîche et une petite pluie annoncent la rentrée scolaire*. Chaque année, je suis un peu inquiet quand je vois de petits écoliers porter sur leurs épaules des cartables qui pèsent le poids d’un âne mort. Je les regarde vaciller sur le trottoir, encombrés de gros sacs à dos remplis de manuels et de fournitures scolaires. Je me demande comment leurs petits corps peuvent porter des telles charges.

Ils n’ont pas le choix. Une liste de fournitures scolaires* obligatoires est envoyée aux parents et publiée sur un site gouvernemental [il s’agit en fait d’une liste modèle adaptée par les chefs d’établissement avec les enseignants]. À la fin du mois d’août, on voit les parents français se ruer sur les supermarchés et remplir leurs caddies d’amoncellements de stylos, de crayons, de cahiers et de classeurs.

“C’est la folie de la rentrée des classes”, m’explique un parent français. Bon nombre de ceux qui se précipitent dans les magasins à la dernière minute trouvent des linéaires vides. D’autres recherchent frénétiquement les articles sur Amazon. Le coût moyen des fournitures scolaires par enfant en France est d’environ 200 euros.

Il y a de quoi rendre un parent dingue. Mais en France, la règle est immuable. Aucun enfant ne peut s