Au départ, on vient pour rire, plutôt que pour pleurer. On s’inscrit à une “cry session” – une “séance pour pleurer” – réservée à l’homme moderne désireux d’échapper aux vieux schémas machos. Et on découvre que cet événement, si disruptif, se déroule chez un concessionnaire automobile ?

En ce lundi soir de printemps, une quarantaine d’hommes, encore un peu tendus, sont assis sur des sièges, dans le très chic espace de réception d’un concessionnaire berlinois du quartier de Mitte. Tous sont venus pour discuter sentiments, deux heures durant, en compagnie d’un thérapeute. Au bout de dix minutes seulement, l’atmosphère change sensiblement : on ne voit plus les publicités automobiles qui ornent les murs, et l’on sent une boule se former dans notre gorge. Quelques minutes plus tard, on remarque les premiers clignements d’yeux des voisins, qui cherchent à refouler des larmes naissantes.

Ces sessions sont organisées chaque semaine à Berlin, et un peu moins fréquemment à Munich, Hambourg, Amsterdam et Anvers. Le lieu et la thématique changent à chaque fois. Ce soir, il s’agit d’un “atelier sur les liens d’amitié profonde entre hommes”. Ces amitiés fortes constituent en effet un problème pour bon nombre de jeunes hommes : chez les 18-29 ans, un homme sur cinq déclare se sentir souvent se