Un acteur semblait manquer, le 7 août, quand l’Arabie saoudite, le Pakistan et la Turquie ont signé le « pacte de La Mecque ». Présenté par Hakan Fidan, le ministre des affaires étrangères turc, comme « techniquement » identique à l’article 5 de l’accord de défense mutuelle de l’OTAN, cet accord s’apparente plutôt à une « expérience d’autonomie régionale », selon un article du chercheur Ahmed Aboudouh publié par le cercle de réflexion britannique Chatham House.
Le pacte est une réponse à un environnement régional devenu à la fois plus abrasif depuis les guerres déclenchées par Israël à la suite à l’attaque terroriste du Hamas du 7 octobre 2023, et plus incertain depuis le retrait progressif des Etats-Unis du Moyen-Orient amorcé il y a plus d’une décennie. Le Soudan constituera l’un des premiers tests de cette nouvelle alliance, qui soutient les forces loyalistes du général Al-Bourhane, en guerre depuis avril 2023 contre les paramilitaires des Forces de soutien rapide, soutenues par les Emirats arabes unis et, dans une moindre mesure, Israël et l’Ethiopie.
Dans ce cadre, l’absence de l’Egypte apparaît comme une anomalie. Pays le plus peuplé − 116 millions d’habitants − du monde arabe, lui aussi à majorité sunnite, il dispose d’une armée nombreuse. C’est aussi un pivot géographique, au carrefour des espaces méditerranéen, moyen-oriental et africain, qui contrôle, avec le canal de Suez, une route maritime d’importance mondiale. L’Egypte partage en outre une frontière avec le Soudan et soutient les forces loyalistes.
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