Après de nouveaux bombardements américains contre l’Iran samedi – Washington et Téhéran s’accusant mutuellement de violer un fragile cessez-le-feu –, l’Iran a mis en garde, dimanche 28 juin, contre toute tentative de contourner la route longeant ses côtes dans le détroit d’Ormuz, voie maritime d’une trentaine de kilomètres de large qui sépare l’Iran et Oman.
Verrouillé par la République islamique après la guerre lancée le 28 février par Israël et les Etats-Unis, le détroit a rouvert la semaine dernière. Mais Téhéran n’autorise qu’un seul couloir de passage, le long de ses côtes, et menace de s’en prendre à tout navire contrevenant. « La gestion et le rétablissement complet du trafic maritime dans le détroit d’Ormuz relèvent de la responsabilité de l’Iran », a répété dimanche le chef de la diplomatie Abbas Araghtchi, à l’occasion d’une visite officielle à Bagdad. « Aucun autre pays ni aucune autre entité n’ont de responsabilité ou d’autorité en la matière », a averti M. Araghtchi.
« Toute intervention ou tentative d’établir des arrangements contraires aux accords existants ne ferait que compliquer la situation, retarder le retour à la normale dans le détroit d’Ormuz et augmenter les tensions ; comme nous l’avons constaté lors des deux dernières nuits avec certaines actions provocatrices dans cette région », a ajouté le ministre des affaires étrangères iranien.
Les gardiens de la révolution, armée idéologique de la République islamique, ont souligné que « des dispositions avaient été prises » pour contrôler le trafic dans le détroit, par où transitait avant-guerre 20 % du commerce mondial d’hydrocarbures. « Désormais, les navires contrevenants seront traités avec une fermeté accrue », ont-ils prévenu.
Ouverture d’une autre voie de navigation
L’Iran a vu d’un mauvais œil l’annonce par Oman de l’ouverture d’une autre voie de navigation temporaire, présentée comme une initiative concertée avec l’ONU pour évacuer les marins et navires bloqués. Des dizaines de bateaux l’ont empruntée cette semaine.
Jeudi, un cargo a été touché par un « projectile d’origine inconnue », Téhéran avertissant ensuite que tous les navires dans la zone devaient obtenir son autorisation préalable. Le même schéma s’est répété après qu’un pétrolier a été touché samedi par un projectile non identifié. A chaque fois, l’aviation américaine a frappé dans la foulée des infrastructures militaires iraniennes et Donald Trump a menacé d’anéantir l’Iran.
Pour H. A. Hellyer, du Royal United Services Institute de Londres, « l’Iran devrait poursuivre des actions coercitives calibrées (…) dans et autour du détroit », pour « maintenir une pression constante », mais « sans déclencher un conflit plus large ».