Passée sous les radars depuis le début de la guerre en Iran, le 28 février, une conséquence calamiteuse du blocage du détroit d’Ormuz commence à se faire sentir pour les pays les plus fragiles de la planète. Alors que la saison des semis et des plantations est déjà entamée dans une grande partie des pays du Sahel et de la Corne de l’Afrique, le blocage dû au conflit entre les Etats-Unis et l’Iran d’une grande part de la production mondiale d’engrais menace les cultures agricoles des pays du Sud. Il risque ainsi d’aggraver la faim dans des zones déjà très vulnérables, exposées aux conflits armés, aux aléas climatiques et à un épisode d’El Niño – un phénomène naturel cyclique qui favorise les événements extrêmes – qui s’annonce redoutable pour les récoltes à venir.
Selon les estimations du Programme alimentaire mondial, 45 millions de personnes risquent de basculer dans les niveaux les plus aigus d’insécurité alimentaire par un effet domino de la guerre au Moyen-Orient, s’ajoutant aux 318 millions de personnes déjà touchées.
« Nous savons que l’objectif principal [des négociations de paix à Ormuz] est la liberté de navigation, et nous ne remettrons pas en question ce principe fondamental. Mais nous ne pouvons pas attendre son rétablissement complet pour déployer immédiatement tous les efforts nécessaires afin d’éviter une crise humanitaire », plaide auprès du Monde le directeur du Bureau des Nations unies pour les services d’appui aux projets, Jorge Moreira da Silva, chargé par le secrétaire général de l’ONU de conduire un groupe de travail sur le sujet.
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