C’est une mesure qui cible la Chine sans le dire. Donald Trump a déclaré, mercredi 26 août, l’état d’urgence nationale sur le réseau électrique américain. Par ce décret, qui ne cite aucun pays, Washington interdit l’achat et l’installation d’équipements de réseau auprès de fournisseurs venus d’Etats sous embargo ou sanctions américaines sur le commerce des armes. Or, aucun pays de cette liste n’exporte ce genre d’équipements vers les Etats-Unis, à l’exception de la Chine.
« L’objectif est de protéger le réseau et les systèmes électriques américains », a indiqué la Maison-Blanche à l’Agence France-Presse, sans préciser quels pays seraient désignés. Les règles d’application sont attendues sous 120 jours.
Le procédé n’est pas inédit. Un décret comparable du président Trump, en mai 2020, ne nommait aucun pays. L’arrêté d’application, sept mois plus tard, visait explicitement les équipements venus de Chine.
Matériel malveillant
Sont concernés les transformateurs, les onduleurs, les systèmes de stockage par batteries et les automates industriels, ainsi que les logiciels et accès à distance associés. Le secrétaire à l’énergie pourra imposer des conditions sur des équipements déjà installés, jusqu’à leur retrait.
Le décret invoque la croissance des centres de données, de l’intelligence artificielle et de la production de défense, qui a accru les besoins en électricité des Etats-Unis.
Le régulateur américain des télécommunications, la FCC, avait restreint fin juillet l’importation d’onduleurs étrangers, après une décision comparable de la Commission européenne en mai.
Une analyse du département de l’énergie publiée en janvier avait toutefois conclu, après inspection de 30 onduleurs chinois, à l’absence de preuve définitive de matériel malveillant dissimulé.