Histoire. Une période coloniale très singulière

Dans les années 1460, quand les Portugais débarquent sur les îles du Cap-Vert, l’archipel est inhabité. Avant même la mise en place du commerce triangulaire, Santiago va être utilisé comme plaque tournante de la vente d’esclaves. Mais la particularité de l’expérience coloniale tient surtout à un mélange des populations sur le temps long.

La société capverdienne “est née d’une rencontre asymétrique entre Portugais, Européens et Africains esclavagisés, navigateurs et commerçants, métis et individus d’origines diverses”, remarque l’ingénieur et écrivain Claudino Henriques Veiga dans Expresso das Ilhas.

Le processus de décolonisation est non moins unique, rappelle l’hebdomadaire capverdien dans un autre article. La lutte armée pour l’indépendance du Cap-Vert et de la Guinée-Bissau, incarnée par Amílcar Cabral (assassiné en 1973), n’a pas eu lieu sur le sol de l’archipel et a donc épargné celui-ci.

L’indépendance a été officiellement reconnue par le Portugal le 5 juillet 1975. Ses débuts ont néanmoins été compliqués par le fait que les indépendantistes ont gardé le pouvoir dans un régime de parti unique jusqu’en 1991. “Aussi le Cap-Vert mérite-t-il une mémoire nationale qui ne soit pas que célébration et glorification simpliste, et qui s