La Maison Blanche a fait état d’une convergence de vues entre Donald Trump et Xi Jinping, alors que le président américain a commencé, jeudi 14 mai, une visite de deux jours à Pékin. « Les deux parties ont convenu que le détroit d’Ormuz devait rester ouvert afin de garantir la libre circulation des produits énergétiques », a fait savoir l’administration américaine dans un compte rendu publié jeudi. M. Xi a exprimé son intérêt pour acheter davantage de pétrole américain, afin de réduire sa dépendance aux importations transitant par le détroit d’Ormuz, a-t-elle ajouté. La Chine n’a pas évoqué un tel intérêt dans son propre compte rendu des discussions.
La Maison Blanche a également affirmé que les deux pays s’accordaient sur le fait que l’Iran ne devait jamais avoir l’arme nucléaire. M. Trump entend faire pression pour que la Chine, un partenaire stratégique et économique primordial de l’Iran – elle est le principal pays importateur de son pétrole –, use de son influence en vue d’une sortie de crise dans le Golfe, avait fait savoir préalablement l’administration.
Jeudi soir, lors du banquet donné en son honneur, M. Trump a lancé une invitation à la Maison Blanche à son homologue le 24 septembre. Il a par ailleurs qualifié ses discussions avec M. Xi « d’extrêmement positives et productives ».
Un peu plus tôt dans la journée, Xi Jinping avait mis en garde Donald Trump. « La question de Taïwan est la plus importante dans les relations sino-américaines. Si elle est bien traitée, les relations entre les deux pays [la Chine et les Etats-Unis] pourront rester globalement stables. Si elle est mal traitée, les deux pays se heurteront, voire entreront en conflit », a déclaré le président chinois, jeudi 14 mai, employant un mot en mandarin ne signifiant pas nécessairement conflit militaire. Trump s’exprimera davantage sur Taïwan « dans les prochains jours », a assuré jeudi à la chaîne CNBC le ministre américain des finances, Scott Bessent.
« Risque pour la paix »
La Chine considère Taïwan comme l’une de ses provinces, qu’elle n’a pas réussi à unifier avec le reste de son territoire depuis la fin de la guerre civile chinoise, en 1949. Elle plaide pour une solution pacifique, mais se réserve la possibilité de recourir à la force. Elle est hostile à tout agissement qui, à ses yeux, nuirait à une « réunification » non négociable et inéluctable, et s’oppose aux livraisons d’armes américaines.
La politique américaine concernant Taïwan repose sur un soutien militaire robuste à l’île, sans reconnaissance à part entière ni soutien ouvert aux volontés d’indépendance. « La partie américaine a réaffirmé à plusieurs reprises son soutien clair et ferme à Taïwan », a réagi, à l’issue de la rencontre, la porte-parole du gouvernement taïwanais, Michelle Lee. « Les autorités de Pékin sont actuellement l’unique risque pour la paix et la stabilité régionales », a ajouté, jeudi, le ministère des affaires étrangères taïwanais dans un communiqué, citant comme preuves le « harcèlement militaire » chinois aux alentours de Taïwan et dans la région, ainsi que ses tactiques dites « de zone grise » – des manœuvres coercitives qui ne constituent pas pour autant des actes de guerre.
Sur le terrain du commerce, le président chinois a promis à un groupe de chefs d’entreprise américains accompagnant Donald Trump que la porte de son pays sur le monde « continuerait de s’ouvrir toujours plus grand », selon un média d’Etat. « Les entreprises américaines sont profondément impliquées dans la réforme et l’ouverture de la Chine, et les deux parties en tirent des bénéfices. La Chine est convaincue que les entreprises américaines auront des perspectives encore meilleures en Chine », a affirmé M. Xi, cité par l’agence Chine nouvelle.
Malgré leurs nombreux différends, la Chine et les Etats-Unis doivent être « des partenaires, pas des rivaux », a par ailleurs affirmé le président chinois. « La coopération profite aux deux parties, tandis que la confrontation nuit aux deux. (…) Nous devons nous entraider pour réussir et prospérer ensemble, traçant ainsi une nouvelle voie, celle de la bonne entente entre grandes puissances en cette nouvelle ère », a déclaré M. Xi à M. Trump, ajoutant que le monde était « à la croisée des chemins ».
« C’est un honneur d’être à vos côtés. C’est un honneur d’être votre ami, et les relations entre la Chine et les Etats-Unis vont être meilleures que jamais », avait déclaré Donald Trump, avant de s’entretenir avec son homologue, assurant : « Nous allons avoir ensemble un avenir fabuleux. »
Avenir des échanges en jeu
La Chine a voulu recevoir M. Trump avec faste pour la première visite d’un président américain depuis celle que l’actuel locataire de la Maison Blanche avait effectuée en 2017. Le sommet est largement présenté comme l’occasion pour les deux parties de maintenir une certaine stabilité entre les deux premières puissances économiques mondiales.
Vendredi, les deux présidents partageront le thé puis le déjeuner. Ces marques d’attention envers un invité connu pour son goût du faste, et qui a reporté ce voyage initialement prévu en mars à cause de la guerre en Iran, ne feront pas disparaître les multiples motifs de crispation entre les deux présidents.
L’avenir des échanges entre les deux plus grandes économies mondiales s’annonce comme l’un des sujets du sommet, qui a été précédé mercredi par des pourparlers commerciaux et économiques entre délégations américaine et chinoise en Corée du Sud. « Ça va être génial », avait assuré M. Trump à son départ des Etats-Unis. Il avait affirmé mi-avril que M. Xi, peu enclin aux effusions personnelles en public, lui ferait un « gros câlin » à Pékin.
En haut de la liste de vœux de Washington figurent des accords dans le domaine de l’agriculture et peut-être la confirmation d’une commande massive d’appareils auprès de Boeing. M. Trump a emmené le PDG de l’avionneur, Kelly Ortberg, mais aussi Elon Musk et les patrons d’Apple ou du fabricant de puces électroniques Nvidia.