En visite d’État en Irlande, samedi 12 septembre, Donald Trump a pris tous le monde de court déclarant qu’il “aimerait beaucoup” voir l’île d’Émeraude “unifiée”, rapporte l’Irish Times. Un sujet éminemment sensible entre Londres, Dublin et Belfast.
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Devisant en compagnie du Taoiseach – le Premier ministre irlandais – Micheál Martin, le locataire de la Maison-Blanche a déclaré :
“Je ne veux pas créer de problèmes, mais je vais vous dire que j’aimerais beaucoup que tout soit unifié. […] Je pense que ce serait une grande fierté pour tout le monde. Ça finira bien par arriver, alors autant que ce soit maintenant.”
Avec ces quelques mots, le président américain “s’est immiscé dans un conflit de longue date”, car une possible unification de l’île est “le scénario cauchemardesque des unionistes britanniques d’Irlande du Nord”, partisans du maintien de Belfast au sein du Royaume-Uni, écrit Politico Europe. Un dossier sensible et sanglant. Le conflit civil qui a déchiré l’île avant la signature des accords du Vendredi saint de 1998 avait fait près de 3 500 morts.
Unionistes et loyalistes : le terme “unioniste” est employé pour désigner les partisans, majoritairement issus de la communauté protestante, du mouvement politique promouvant le maintien de l’Irlande du Nord au sein du Royaume-Uni. Le loyalisme est un courant radical de l’unionisme, souvent associé à la violence et aux groupes paramilitaires.
Nationalistes et républicains : les nationalistes, principalement catholiques, souhaitent la réunification de l’Irlande. Les républicains militent pour le même objectif, mais de manière plus virulente, avec un potentiel recours à la force.
“Ne pas contribuer à la destruction de notre pays”
“Cet accord de paix précisait que l’Irlande du Nord devait rester une partie distincte du Royaume-Uni tant que la majorité des électeurs y serait favorable – une position qui, selon la quasi-totalité des sondages d’opinion, n’a pas changé au cours des années qui ont suivi”, ajoute Politico.
Suite à la prise de position du président américain, les réactions du camp d’unioniste n’ont pas tardé. Gavin Robinson, le patron du Parti unioniste démocrate (DUP), a estimé sur X et repris par le Belfast Telegraph, “qu’en tant unionistes, nous ne souhaitons pas contribuer à la destruction de notre pays en nous unissant à la République d’Irlande”. “Je suis convaincu que l’Irlande du Nord continuera à choisir le Royaume-Uni et la sécurité qu’il offre”, a-t-il ajouté.
Une position tenue également par la Voix unioniste traditionnelle (TUV), parti né d’une scission avec le DUP. “L’Irlande du Nord n’est pas un pion dans le conflit qui oppose Trump au Royaume-Uni. Notre avenir constitutionnel ne dépend ni de lui ni d’aucun autre dirigeant étranger”, a déclaré, cité par l’Irish Times, Jim Allister, chef du parti.
Traversant le bras de mer qui sépare les deux îles, les mots de Donald Trump ont également fait réagir l’écosystème politique londonien. “Ce genre de propos inconsidérés sur l’avenir des pays démocratiques est tout à fait contre-productif et crée des tensions inutiles. L’Irlande du Nord fait partie du Royaume-Uni”, a déclaré la cheffe de file des conservateurs, Kemi Badenoch, citée par The Guardian.
Pour l’heure, le gouvernement travailliste d’Andy Burnham n’a pas réagi. En août, le Premier ministre britannique avait déclaré qu’un référendum sur l’unification de l’Irlande était “hors de question”, rappelle The Daily Telegraph. Une position réitérée par le locataire de Downing Street mercredi lors d’une session de question au Parlement. Interrogé sur les accords du Vendredi saint, le chef du Parti travailliste a déclaré qu’il “s’y tiendrait à 100 % ”.
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