COURRIER INTERNATIONAL : Vous partagez aujourd’hui votre vie entre le Canada et Haïti. Mais, en tant que cinéaste, c’est en Haïti que vous continuez à travailler, malgré la violence et l’insécurité qui y règnent. Pourquoi ?
GESSICA GÉNÉUS : Je suis venue vers le cinéma pour raconter Haïti. Je veux nous documenter, nous, les Haïtiens – ou immortaliser, si l’on veut, des bribes de nos vies pour que nous nous rappelions que nous existons.
Beaucoup de films américains censés se dérouler en Haïti ont été tournés sur d’autres îles, comme si les Haïtiens n’avaient rien de spécifique en tant que peuple. Je peux difficilement concevoir ça. Donc aussi longtemps que je raconterai Haïti, ce sera avec les Haïtiens : à l’écran et sur le plateau, car une bonne partie de mon équipe technique est haïtienne. Ce qui n’est pas facile. Recourir à des financements internationaux impose d’employer des techniciens qui viennent des pays qui donnent de l’argent – mais j’en profite aussi, cela me permet de travailler avec des gens extraordinaires [français et canadiens, essentiellement].
Marie Madeleine démarre sur une scène tournée en bord de mer, avec le son des vagues. Très loin du Haïti que nous voyons aux actualités. Et loin aussi de la violence que montrait Freda, votre précédent film, tourné dans l
Abonnez-vous et accédez à :
tous nos articles, l’hebdo numérique, l’application, le Réveil Courrier et nos newsletters
Dès 1 €/mois
Sans engagement • Résiliable en ligneFestival de Cannes : l’Espagne, le Japon et la France en pole position pour la Palme d’or
Commentaires (0)
Laisser un commentaire
Aucun commentaire. Soyez le premier !