Plusieurs groupements politiques ont adressé, ce jeudi 20 août 2026, une note collective au Conseil électoral provisoire (CEP) pour exprimer leurs préoccupations concernant l’évolution du processus électoral. Ils réclament notamment davantage de garanties en matière de neutralité, d’inclusion, d’égalité entre les acteurs et d’indépendance de l’institution électorale.
Selon les signataires, la crédibilité des prochaines élections dépendra notamment de la neutralité de l’État, de l’égalité de traitement entre les acteurs politiques, de la participation effective de la population et de l’indépendance du CEP. Ils demandent également qu’un examen rigoureux soit effectué sur toute disposition susceptible de soulever des questions de constitutionnalité ou d’applicabilité avant la poursuite des opérations électorales.
Les groupements politiques s’inquiètent particulièrement du processus d’inscription et d’enregistrement des électeurs. Ils estiment que le délai prévu ne permettra pas à des millions de citoyens absents des listes électorales de récupérer leur droit de vote. Ils demandent ainsi au CEP d’envisager l’utilisation d’une liste électorale correspondant à la base de données de l’Office national d’identification (ONI), complétée par les nouveaux électeurs ayant atteint leur majorité civile, afin de favoriser une participation plus large de la population.
Les signataires mettent également en garde contre une éventuelle implication excessive du pouvoir exécutif dans la conduite du processus électoral. Ils estiment que l’utilisation des ressources financières, matérielles, humaines et logistiques de l’État doit être strictement encadrée afin d’éviter tout avantage indu en faveur d’un parti, d’un candidat ou d’une formation politique.
Ils appellent ainsi le CEP à préserver et à démontrer son indépendance à l’égard du pouvoir politique, tant dans ses décisions que dans la conduite des opérations électorales. Pour les groupements signataires, l’institution doit s’imposer comme un acteur impartial, transparent et accessible à l’ensemble des parties prenantes.
Dans leur note, les organisations formulent plusieurs demandes, notamment la mise en place de mesures garantissant la neutralité des opérations électorales, l’examen de la constitutionnalité et de l’applicabilité du décret électoral, la prévention de l’exclusion électorale, l’égalité de traitement entre les acteurs et le renforcement des mécanismes destinés à assurer l’indépendance du CEP.
Elles demandent également l’instauration d’un dialogue permanent et institutionnalisé entre le CEP et les acteurs politiques afin de prévenir une nouvelle crise de confiance autour du processus électoral.
Les signataires réaffirment enfin leur attachement à l’organisation d’élections « libres, honnêtes, inclusives, transparentes et démocratiques ». Ils estiment que l’urgence électorale ne doit justifier ni l’exclusion d’une partie de la population, ni l’utilisation partisane des ressources publiques, ni l’affaiblissement des garanties constitutionnelles.
Pour ces groupements politiques, l’enjeu dépasse la tenue du prochain scrutin. Ils considèrent qu’il s’agit également de préserver la légitimité démocratique des institutions qui seront issues des urnes et d’éviter qu’un processus contesté ne débouche sur une nouvelle crise post-électorale susceptible de compromettre davantage la stabilité politique du pays.
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