Le résultat de ce scrutin n’est pas une contestation bruyante, mais un Hirak silencieux. Une réponse politique d’un peuple qui n’en peut plus des mascarades électorales, des mensonges, des manipulations et des propagandes les plus éhontées.
Le taux de participation est si faible qu’il en devient accusateur. Il ne dit pas seulement que les électeurs se sont abstenus mais surtout qu’ils ne croient plus en Tebboune et en son clan, au pouvoir depuis décembre 2019. Les Algériens ne croient plus à l’utilité du vote, ni à l’honnêteté du processus, ni à la capacité du pouvoir à accepter autre chose qu’une reproduction de lui-même. Le verdict est sans appel.
Le plus tragique, c’est que le pouvoir fait mine de ne pas comprendre que la défiance qu’il récolte est le produit direct de ses propres méthodes. À chaque scrutin, le même scénario revient : un cadre électoral étroit, des candidatures triées, une compétition amputée, puis de grandes proclamations officielles sur la transparence et la sérénité. La mise en scène est devenue trop grossière pour tromper qui que ce soit.
“Désaveu silencieux”
Le régime veut des citoyens obéissants, pas des électeurs souverains. Il veut le consentement, il a eu un désaveu silencieux. Comme dans tous les précédents scrutins. Il parle d’élection, il réalise des mascarades. Il veut des taux de participation importants, pas des choix politiques souverains. Il veut des chiffres de participation, mais redoute la participation réelle, celle qui obligerait à compter non les apparences, mais les rapports de force.
10,67 % de participation dans la diaspora : là encore, le message est limpide. Même loin du territoire, même hors de l’emprise immédiate de l’administration et de sa machine répressive, les Algériens refusent de prêter serment à un simulacre. La mascarade aura-t-elle finalement une fin ?
Une évidence : l’abstention est un acte politique de masse. Celle d’hier comme [dans les cas] précédents. Elle signifie que le pouvoir a perdu sa capacité à convaincre, à mobiliser et surtout à incarner une alternative crédible. Le populisme a vécu. Un régime peut survivre à la critique ; il peut réprimer, emprisonner, mentir à longueur de colonnes de journaux qui ont renoncé à leur mission d’informer, mais il survit difficilement au ridicule. À la chute.
Le 2 juillet 2026, les Algériens ont choisi le refus. Refus de cautionner des élections aux accents de mascarade. Refus de servir de décor à une démocrature de mauvais goût. Ce refus est peut-être silencieux, mais il est d’une clarté redoutable.
Si le pouvoir a voulu faire voter un pays en bon ordre, il a surtout réussi à faire parler son rejet. L’ignorer c’est mépriser encore une fois le peuple algérien. Mais là aussi, l’on ne s’étonnera pas que le pouvoir ne tirera nulle leçon de cette avanie.
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