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Géopolitique

En Algérie, le voile de la colonisation obscurcit toujours les relations : « Les Français croient nous connaître, mais ils se trompent »

« Les mémoires blessées de la guerre d’indépendance » (3/3). Les traumatismes demeurent chez les survivants et les descendants des victimes de la guerre. Des blessures associées à un sentiment de perte d’identité et de dignité face à un regard français qui reste, selon certains, néga

En Algérie, le voile de la colonisation obscurcit toujours les relations : « Les Français croient nous connaître, mais ils se trompent »
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Algérie, les mémoires blessées de la guerre d’indépendance

Algérie, les mémoires blessées de la guerre d’indépendance

En Algérie, le voile de la colonisation obscurcit toujours les relations : « Les Français croient nous connaître, mais ils se trompent »

Par Florence Beaugé (Alger, Batna, Constantine [Algérie], envoyée spéciale )
Publié aujourd’hui à 19h00

Temps de Lecture 8 min.

Loin de se combler, le fossé s’est creusé des deux côtés de la Méditerranée depuis le brusque réveil de mémoire sur la guerre d’Algérie, au début des années 2000. Les crises à répétition qui secouent Alger et Paris depuis 2024 alimentent rancœur et incompréhension en Algérie et ne laissent pas entrevoir de réconciliation durable. Florence Beaugé, journaliste qui a couvert l’Algérie pour Le Monde entre 2000 et 2010, est retournée dans le pays et nous décrit, dans une série en trois volets, l’étendue de cette incompréhension et de cette douleur.

Dans la société algérienne, le ressentiment envers la France est infiniment plus grand qu’il y a vingt ans. Il ne s’agit pas de haine, loin de là, mais d’une amertume profonde et, de toute évidence, croissante. Le cardinal Jean-Paul Vesco, archevêque d’Alger, a mis des années pour identifier « ce mal-être, cette souffrance, cette difficulté à exister » qu’il a perçus chez ses interlocuteurs algériens.

Originaire de Lyon, où il est né en 1962, cet ancien avocat d’affaires devenu dominicain pose les pieds en Algérie pour la première fois en 2002. Il va passer huit ans à Tlemcen, neuf ans à Oran, avant de s’établir à Alger en 2021. D’emblée, Jean-Paul Vesco sent « quelque chose qui cloche, et que l’on tait ». Quand les Algériens se retrouvent, « ils parlent d’eux pour se dénigrer en permanence, relève-t-il. Une blessure est là. On n’en prend la mesure que dans le temps long d’une relation d’amitié ».

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