LETTRE DE PÉKIN
Le nez de leurs chasseurs Curtiss P-40 Warhawk était peint d’une intimidante gueule de requin. Pourtant, c’est sous le nom des Tigres volants que cet escadron s’est fait connaître à partir de 1941. Ils étaient au départ 311 pilotes et hommes au sol, recrutés pour faire tourner leurs avions dans les airs au-dessus de Kunming, dans le sud-ouest de la Chine, et jusqu’en Birmanie. Une indispensable protection aérienne fournie par les Américains contre les assauts japonais, à une période où le gouvernement nationaliste chinois avait déjà perdu les villes de la Chine côtière. Il avait dû se replier à Chongqing, d’où il voyait inquiet ses dernières routes d’approvisionnement menacées. Les Etats-Unis n’étant pas encore entrés dans la seconde guerre mondiale, en amont de l’attaque nippone sur Pearl Harbor (Hawaï), le contingent a d’abord été une opération privée, au moins pour la forme.
Placée à la tête de forces aériennes chinoises totalement défaillantes, Song Mei-ling, l’épouse du dirigeant chinois d’alors Tchang Kaï-chek, a fait appel à un ancien capitaine de l’armée de l’air américaine, Claire Lee Chennault. Depuis peu à la retraite pour raisons de santé autant que pour ses techniques aériennes peu orthodoxes, Chennault mène un groupe de démonstrations acrobatiques aux Etats-Unis lorsqu’il est recruté en 1937 par le gouvernement nationaliste chinois, ami de Washington, pour le conseiller sur le redressement de son armée de l’air.
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