« La défense du professeur Rached Ghannouchi exprime sa profonde inquiétude face à la grave détérioration de son état de santé. » Les avocats de Rached Ghannouchi, figure de l’opposition tunisienne emprisonné, ont déclaré que son état de santé était « critique », jeudi 23 juillet, après avoir appris qu’il s’était évanoui et se trouvait en état d’épuisement, privé des visites de sa famille.
Le chef du parti islamo-conservateur Ennahdha, âgé de 85 ans, avait été condamné dans plusieurs affaires à des dizaines d’années de prison ainsi qu’à la perpétuité, notamment pour complot contre l’Etat. « Malgré son état critique, les autorités ont refusé toute visite à notre client de la part de ses avocats ou de sa famille, en violation flagrante de la loi et des droits fondamentaux des prisonniers », ont ajouté ces avocats.
M. Ghannouchi avait été arrêté en 2023, puis condamné à plus de quarante ans de prison en plusieurs fois, notamment pour « complot contre la sûreté de l’Etat ». Dans une autre affaire, il avait été condamné, en juin, à la perpétuité et à trente ans de prison, accusé d’avoir monté un « appareil sécuritaire secret » au service d’Ennahdha, parti islamo-conservateur qui a dominé la vie politique tunisienne pendant plus d’une décennie, à partir de 2011.
Rached Ghannouchi était président du Parlement lors du coup de force du président Kaïs Saïed, le 25 juillet 2021, par lequel ce dernier s’est octroyé les pleins pouvoirs. Depuis, opposition et société civile déplorent un recul des droits et libertés dans le pays, qui fut le berceau du « printemps arabe » en 2011.