Alors que les Cafeteros entrent en lice ce 17 juin contre l’Ouzbékistan à la Coupe du monde, d’autres Colombiens jouent le match de leur vie dans un recoin reculé du pays. Ce sont les joueurs de l’Agua Bonita Fútbol Club, composé d’ex-combattants des Farc ayant déposé les armes lors des accords de paix de 2016. Devant la nouvelle vague de violences qui touche la Colombie, en guerre depuis soixante ans, ce club mise aujourd’hui sur le ballon rond.
L’histoire de l’Agua Bonita Fútbol Club commence par la “dernière marche” des 7 000 combattants de la guérilla marxiste vers les espaces territoriaux de formation et de réincorporation (ETCR), où vivent ces hommes et femmes jadis cachés dans la jungle et les montagnes, raconte El Espectador, qui a suivi leur épopée.
Passe-temps indispensable
Et alors que les négociations piétinaient, les matchs improvisés dans ces espaces sont devenus un passe-temps indispensable. “Nous ne faisions rien d’autre qu’attendre, nous informer de l’avancée du processus de paix et jouer”, raconte Antonio Martínez, responsable du sport à Agua Bonita, localité rattachée à la municipalité de La Montañita et située dans le département de Caquetá, dans le sud de la Colombie.
Ces ex-combattants ont tout construit eux-mêmes : maisons, parc, bibliothèque et terrain de foot synthétique. “C’est peut-être pour cela que le football a fini par occuper une place si importante”, note El Espectador. Au quotidien, les matchs sont devenus pratiquement la seule occasion de souffler. Peu à peu, malgré la méfiance héritée des années de conflit, des voisins ont rejoint leurs rangs et des équipes mixtes se sont formées.
Aujourd’hui, l’équipe masculine compte 16 joueurs – avec aussi bien des jeunes d’une vingtaine d’années que des “vétérans” de plus de 45 ans –, et l’équipe féminine environ 25 joueuses – dont des adolescentes, précise le journal. Elles ont permis au club de remporter des compétitions locales et rêvent de jouer, un jour, dans un grand stade à Bogota, la capitale.
Mais “la vraie valeur du club réside dans le fait qu’il est resté pendant des années un lieu de rencontres”, conclut El Espectador.
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