Des milliers de Colombiens ont protesté dimanche 21 juin contre la victoire sur le fil du candidat d’ultradroite soutenu par Donald Trump, Abelardo de la Espriella – que le camp de la gauche n’a pas encore reconnue.
A Cali, dans le sud-ouest du pays, une marche qui avait débuté pacifiquement, avec de la musique indigène, a dégénéré en affrontements entre certains manifestants au visage couvert et la police antiémeute, qui a utilisé des gaz lacrymogènes contre la foule, ont constaté des journalistes de l’Agence France-Presse (AFP).
Au moment où le président élu, un avocat multimillionnaire de 47 ans qui promet une politique sécuritaire et ultralibérale, prononçait un discours triomphal dans la ville caribéenne de Barranquilla, la troisième plus grande ville du pays, des manifestants hostiles ont aussi brûlé des pneus et des drapeaux américains.
A Bogota, des centaines d’autres personnes, pour la plupart de jeunes manifestants drapés de drapeaux colombiens, se sont rassemblées devant l’Université nationale, symbole de l’enseignement public dans le pays. Dans la capitale, les manifestations ont aussi tourné à la violence, certaines personnes incendiant des barricades et lançant des projectiles sur la police, qui a utilisé des gaz lacrymogènes.
« Eventrer » la gauche
D’autres manifestants posaient à côté d’un char à l’effigie d’Ivan Cepeda, son rival de gauche malheureux, qui dit attendre le dépouillement final, tandis que le son des klaxons mêlés au vrombissement de motos et aux cris scandant « Résistance ! » emplissaient l’air. Certains électeurs se sont dits convaincus de possibles irrégularités tout au long du processus électoral.
« Le Tigre », surnom du président élu, a connu une ascension fulgurante avec un discours virulent contre les guérillas. Il promet la sécurité après une campagne marquée par des attentats à la bombe et l’assassinat d’un candidat de la présidentielle.
Pendant sa campagne, il a appelé à « éventrer » la gauche, avant d’ensuite modérer ses propos. Son discours de dimanche a adopté un ton conciliant, promettant de respecter les principes démocratiques et de gouverner pour « tous les Colombiens ».
Le nouveau président est également un partisan de la fracturation hydraulique, un procédé d’extraction de gaz et de pétrole nocif pour l’environnement et qui constitue une ligne rouge pour de nombreux électeurs de gauche.