Le Conseil des oulémas d’Indonésie, la plus haute autorité religieuse de ce pays musulman à 90 %, a déclaré samedi 8 août que le port de vêtements féminins par des hommes ou de vêtements masculins par des femmes était désormais “haram” (interdit par l’islam), rapporte ce lundi le Jakarta Post. L’objectif invoqué est de “prévenir la campagne clandestine du mouvement LGSP”, selon l’acronyme utilisé par le Conseil pour détourner celui de LGBT avec le sens de “lesbiennes, gays, sodomie et obscénité”.

La déclaration tombe à quelques jours de célébrations importantes, celles du 17 août, anniversaire de l’indépendance de l’Indonésie après des siècles de colonisation (en 1945). La tradition veut que les habitants se retrouvent chaque année autour de jeux collectifs, du tir à la corde à la course en sac. Dans certaines communautés, des hommes revêtent robe et hidjab pour jouer au football ou participer au défilé. Si cette tradition se veut avant tout comique et ne constitue en aucun cas “une affirmation d’une identité de genre”, souligne le Jakarta Post, le Conseil des oulémas d’Indonésie y voit au contraire un “comportement déviant” violant “la charia et les normes sociales”.

La “culture LGBTQI” classée “menace non militaire”

L’annonce s’inscrit dans un climat d’hostilité croissante envers les personnes LGBTQI. Riska Carolina, militante de l’Alliance des femmes indonésiennes (API), dénonce dans le Jakarta Post une “forte hausse des discours haineux et des discriminations dans les services de santé et d’éducation” et une multiplication des persécutions visant les personnes LGBTQI et leurs défenseurs, aggravée par “la volonté persistante de criminaliser cette communauté”.

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En juillet, des rassemblements anti-LGBTQI à Bogor ont ravivé le débat, après l’adoption, en octobre 2025, d’un règlement gouvernemental classant la “culture LGBTQI” parmi les “menaces non militaires”, au même titre que le trafic illégal, le vol de ressources naturelles, le terrorisme, l’athéisme et le radicalisme. De son côté, le Conseil des oulémas soutient une proposition de loi visant à pénaliser les personnes LGBTQI, mais aussi les défenseurs de leurs droits.