Lundi 24 août, quelques heures avant l’annonce de nouvelles sanctions américaines, de longues files d’attente se sont formées devant les stations-service de Téhéran. Certaines, notamment celles situées place Ferdowsi, dans le centre de la capitale iranienne, ont dû annoncer l’épuisement de leurs stocks. « C’est surtout l’effet de panique », dit un ingénieur qui préfère, comme les autres personnes citées, rester anonyme.
Sur le marché noir des changes, devenu l’un des principaux thermomètres des inquiétudes économiques en Iran, le dollar et l’or ont une nouvelle fois atteint des niveaux records. Le rial – la devise de la République islamique – et le toman, une monnaie de compte toujours utilisée par les Iraniens, poursuivent, eux, leur dépréciation : le billet vert a franchi le seuil symbolique des 200 000 tomans pour 1 dollar.
Quelques heures plus tard, les Etats-Unis dévoilaient leur projet visant à élargir les sanctions secondaires contre les entreprises et les pays qui continuent de commercer avec l’Iran. Depuis Téhéran, le ministre de l’économie, Ali Madanizadeh, se voulait rassurant. « Il n’est pas si simple de prétendre que l’on peut couper complètement les artères financières et commerciales de l’Iran », a-t-il déclaré dans un entretien accordé à la télévision d’Etat. Il a également affirmé que « le gouvernement se préparait depuis longtemps à une telle situation » et qu’il disposait d’« un plan sur deux ans » pour faire face à ces événements.
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