LETTRE DE ROME
L’annonce, début mai, est presque passée inaperçue. Un mois avant la Coupe du monde organisée aux Etats-Unis, au Mexique et au Canada, la Fédération internationale de football association (FIFA) a révélé qu’elle allait mettre un terme à sa collaboration historique avec le groupe italien Panini pour l’édition des albums du Mondial et leurs vignettes de joueurs à coller.
« La FIFA et Fanatics ont signé un contrat de licence exclusif à long terme portant sur divers articles, notamment des vignettes ainsi que des cartes et jeux de cartes à collectionner », a laconiquement annoncé la FIFA, entérinant un accord avec l’entreprise américaine fondée en 2011 et spécialisée dans la vente en ligne de produits de merchandising sportif. Panini assurera encore l’album de Coupe du monde du centenaire en 2030, avant qu’un trait ne soit tiré sur soixante ans d’histoire commune.
« C’est un changement d’époque, réagit Marco Panini, fils d’Umberto (1930-2013), l’un des frères fondateurs de la maison d’édition italienne. Le marché des vignettes s’est beaucoup déplacé de l’autre côté de l’Atlantique, et Fanatics a une stratégie très rodée dans l’achat des droits. » La mort en 2025 de Hugo Sallustro, administrateur délégué de Panini, semble avoir marqué un tournant. Considéré comme « l’âme » du groupe, Sallustro l’a dirigé pendant trente-trois ans, veillant à son développement international – Panini est présent dans 120 pays et produit 5 milliards de vignettes vendues chaque année dans le monde – tout en gardant un lien fort avec son ancrage en Emilie-Romagne.
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