Quand il est dehors, Farooq reste sur ses gardes. « Les Rohingya ne se sentent plus en sécurité lorsqu’ils sortent. On réfléchit avant chaque déplacement », dit le jeune homme de 26 ans, réfugié en Malaisie depuis 2024, qui ne donne que son prénom. Devenue indésirable aux yeux d’une partie de la population, la communauté rohingya subit une xénophobie sans précédent dans un pays autrefois accueillant.
« Salaud », « Parasite », « Quitte le pays », énumère Farooq. Sur les réseaux sociaux, insultes et menaces affluent dans les messages privés de ce militant rohingya, peuple musulman apatride et originaire de l’Arakan, dans l’ouest de la Birmanie. Sous un de ses posts sur Facebook, en date du 5 août, dénonçant les persécutions du régime birman, des internautes donnent raison aux militaires birmans, accusés de crimes contre l’humanité et de génocide ; d’autres traitent les Rohingya de « rats », d’« intrus », de « voleurs » ou de « terroristes ».
Farooq figure parmi les plus de 126 000 Rohingya enregistrés par le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) en Malaisie. Beaucoup ont fui des décennies de persécutions en Birmanie, notamment lors de l’exode massif de 2017. Première communauté de réfugiés du pays, ils seraient en réalité près du double en Malaisie, selon les observateurs. « Face à cette extrême violence, tout le monde a peur », résume le jeune homme, depuis Kuala Lumpur.
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