Il n’existe à ce jour ni vaccin ni traitement homologué pour mettre fin à une épidémie d’Ebola qui, d’après les données de la République démocratique du Congo publiées dimanche 12 juillet, a infecté 1 926 personnes et provoqué 702 décès dans le pays. L’épidémie, qui est d’ores et déjà la pire jamais enregistrée en RDC et a atteint l’Ouganda voisin (où elle avait provoqué au moins 20 cas et 2 décès à la date du 7 juillet), est encore “en phase d’expansion” d’après l’Organisation mondiale de la santé (OMS), relayée par l’agence américaine Reuters.
Pourtant, quelques lueurs d’espoir apparaissent “avec l’inclusion des premiers patients dans un essai clinique”, écrit The Guardian. Le programme Partners, coordonné par l’OMS et impliquant l’Institut national de recherche biomédicale en RDC, l’Institut de médecine tropicale (IMT) d’Anvers en Belgique et l’Université d’Oxford au Royaume-Uni, a en effet commencé le 2 juillet dans la province de l’Ituri (dans le nord-est de la RDC).
Ce programme évalue deux traitements (le remdesivir, un antiviral, et le MBP134, un anticorps monoclonal) destinés à améliorer la survie des personnes atteintes des virus Ebola et Ebola Bundibugyo. “Il a été prouvé que ces deux médicaments sont efficaces contre le virus Bundibugyo sur des modèles animaux”, assure le professeur Laurens Liesenborghs de l’IMT, cité par le Guardian.
Le programme a été mis en place seulement six semaines après la déclaration de l’épidémie par le gouvernement de la RDC. “C’est tout simplement fantastique d’avoir pu démarrer aussi rapidement”, déclare au journal britannique la professeure d’Oxford Amanda Rojek, chercheuse principale du projet Partners.
Soignants en grève en raison de salaires non payés
En attendant les premiers résultats cliniques, le protocole d’essai devra aussi faire face aux tensions politiques et aux grèves de soignants qui secouent le pays, et notamment la province de l’Ituri.
Un mouvement national de grève de médecins a commencé le 24 juin, piloté par le Syndicat national des médecins (Synamed), et s’est renforcé dans le cadre d’une opération “Hôpitaux sans médecins” prévue du 7 au 16 juillet, rappelle Radio Okapi. Jusque-là, en raison du contexte sécuritaire et sanitaire de l’Ituri, mais aussi du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, ces régions étaient épargnées par les grèves.
Mais le 6 juillet, des médecins, des infirmières et des agents de santé communautaires de la province d’Ituri, “en première ligne” de l’épidémie Ebola, se sont également mis en grève, dénonçant “des salaires non payés et de mauvaises conditions de travail, notamment l’insuffisance d’équipements de protection”, souligne The Washington Post.
Le ministre de la Santé, Roger Kamba, s’est rendu à Bunia le 8 juillet. Il a reconnu “des dysfonctionnements dans la gestion des ressources humaines” et promis “la mise en place d’un système de paiement assaini”, écrit Radio Okapi dans un autre article. Vendredi 10 juillet, lors d’un Conseil des ministres, “les discussions menées entre le gouvernement et les représentants syndicaux ont permis d’aboutir à un consensus sur plusieurs mesures prioritaires”, constate Actualité.CD. Selon le gouvernement, “au regard de ces avancées, […] la coordination des syndicats de la santé a décidé de lever son mouvement de grève”.