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En Roumanie, Adrian Vestea échoue à obtenir la confiance du Parlement, le pays toujours sans premier ministre

Alors que la crise politique se poursuit, le parti d’extrême droite AUR, qui progresse dans les sondages, plaide pour des élections anticipées.

En Roumanie, Adrian Vestea échoue à obtenir la confiance du Parlement, le pays toujours sans premier ministre
HaitiCreoleRadio.com

Près de deux mois après la destitution d’Ilie Bolojan, la Roumanie demeure sans nouveau premier ministre. Le candidat libéral Adrian Vestea, chargé de former un gouvernement par le président Nicusor Dan, a échoué, lundi 22 juin au soir, à obtenir la confiance du Parlement.

Il lui fallait réunir 233 voix sur 464. Il n’en a obtenu que 189. Une partie des élus, dont ceux du parti d’extrême droite AUR, avaient quitté l’hémicycle avant le début du vote. « J’ai la conscience tranquille, j’ai fait mon devoir », a déclaré aux médias M. Vestea après le vote, dénonçant l’attitude de l’AUR, qui compte 90 élus.

« Quarante-sept jours sans gouvernement nous coûtent déjà trop cher : des fonds européens, la confiance, et du temps que nous ne retrouverons jamais. Je reste convaincu que la responsabilité doit [l’emporter] sur tout calcul politique », a-t-il ensuite écrit sur Facebook.

La crise politique traversée par le pays a débuté lorsque le Parlement a renversé le gouvernement pro-Union européenne d’Ilie Bolojan, début mai, grâce à une alliance inédite et de circonstance entre les sociaux-démocrates du PSD et l’AUR. M. Bolojan gère, depuis, les affaires courantes.

Echecs en série

Membre de la coalition au gouvernement, le PSD en avait claqué la porte à la mi-avril pour protester contre les mesures d’austérité introduites par Ilie Bolojan, afin de réduire le déficit budgétaire du pays, le plus important de l’Union européenne.

Le président Nicusor Dan a demandé à la mi-juin à Adrian Vestea, un ancien ministre libéral de 52 ans, de former un gouvernement, après que Eugen Tomac, le précédent premier ministre désigné, a jeté l’éponge, faute d’avoir réussi à rassembler une majorité autour du gouvernement technique qu’il proposait. Le propre parti de M. Vestea refusait de le soutenir et l’a menacé d’exclusion.

Au final, seul le PSD, formation la plus importante du parlement avec 130 élus, et les partis représentant les minorités du pays, ont exprimé publiquement leur soutien.

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L’extrême droite en faveur d’élections anticipées

Selon l’analyste Remus Ioan Stefureac, fondateur d’Inscop Research, l’un des instituts de sondage les plus importants de Roumanie, le président Dan devrait maintenant proposer un autre nom pour diriger le pays. « Un second rejet d’une proposition de gouvernement déclencherait l’“option nucléaire” d’élections anticipées », qui serait « une catastrophe pour le pays, pour l’économie, pour les entreprises et pour les revenus des gens », a-t-il estimé dans un post sur Facebook, lundi. « Aucun parti, à l’exception de l’AUR, ne tirerait bénéfice d’élections anticipées », a-t-il encore jugé.

Le président Dan a exclu, à plusieurs reprises, la formation d’un gouvernement incluant l’extrême droite, en pleine ascension dans les sondages et qui a, elle, appelé à des élections anticipées. Cette séquence politique intervient alors que le pays a déjà traversé une zone de turbulence entre l’automne 2024 et juin 2025.

Ilie Bolojan était alors arrivé au pouvoir, soutenu par quatre partis pro-européens, dont le PSD, après des semaines de tractations, et après une nouvelle élection présidentielle après l’annulation de celle de novembre 2024.

Celle-ci avait été dominée par un candidat d’extrême droite inconnu, suscitant des accusations d’ingérence russe dans la campagne électorale du pays, qui se situe aux avant-postes de l’OTAN depuis le début de la guerre en Ukraine voisine.

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Le Monde avec AFP

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