Une sentence comme un couperet. Le tribunal de première instance de Tunis a condamné, jeudi 25 juin, Sihem Bensedrine, l’une des principales figures de la lutte pour les droits humains dans le pays, à 25 ans de prison ferme. Elle était poursuivie dans deux dossiers distincts, liés à son travail à la tête de l’Instance vérité et dignité (IVD), qu’elle a présidé de 2014 à 2018.
Cet organisme, créé après la révolution de 2010-2011, était chargé de répertorier les violations commises par des représentants de l’Etat entre 1955 et 2013, une période qui couvre les présidences de l’autocrate Habib Bourguiba (1957-1987) et de son successeur, Zine El-Abidine Ben Ali (1987-2011), mais aussi les troubles post-révolutionnaires.
Agée de 75 ans, la militante des droits humains et ancienne journaliste était notamment poursuivie pour « falsification » du rapport final de l’IVD, avant la publication officielle de celui-ci. La justice lui reprochait d’avoir ajouté au texte un paragraphe accusant la Banque franco-tunisienne de corruption, en échange d’un pot-de-vin. Accusation que Sihem Bensedrine rejette. Avec ses coaccusés, elle a également écopé d’amendes s’élevant à plus de 1,7 milliard de dinars (plus de 500 millions d’euros).
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