Ces dernières semaines, il est devenu de plus en plus fréquent de voir de petits rassemblements se former à l’extérieur du tribunal de première instance de Tunis. Certains manifestants réclament la protection des libertés dans le pays, tandis que d’autres protestent contre des suspensions administratives injustes à leurs yeux.
Tous soulignent un rétrécissement de l’espace civique, une situation que de nombreux militants et observateurs redoutent de voir se pérenniser.
Les défenseurs des droits humains visés
Ces deux dernières années, dans ce pays du Maghreb, des dizaines d’associations ont fait l’objet d’une suspension de trente jours, ou d’une menace de dissolution par décision de justice.
Deux acteurs majeurs ont été particulièrement ciblés ces deux derniers mois : la Ligue tunisienne pour la défense des droits de l’homme (LTDH), la plus ancienne organisation de défense des droits humains en Afrique, membre du Quartet du dialogue national – un groupe qui a remporté le prix Nobel de la paix en 2015 pour son rôle dans la transition démocratique du pays –, et Avocats sans frontières (ASF), dont le siège se trouve en Belgique.
Le même sort a également frappé la fondation Al Khatt, propriétaire du média d’investigation Inkyfada. Après avoir été suspendu pendant un mois, ce média in
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