Recep Tayyip Erdogan, à la tête de l’Etat turc depuis 2003, briguera un nouveau mandat en 2028, « pour la dernière fois », a affirmé, jeudi 17 septembre, son conseiller principal, Mehmet Uçum. Le scrutin « aura lieu le 16 avril 2028 », a-t-il précisé, soit un mois avant la fin théorique de son mandat de cinq ans. En convoquant des élections anticipées, le président turc contourne l’interdiction qui lui est faite par la constitution de se présenter à sa propre succession. En mai 2023, lors de sa dernière réélection, il avait pourtant promis qu’il s’agirait là de son ultime législature, jurant de confier ensuite le sort du pays « à nos jeunes ».
« Les prochaines élections opposeront démocrates et autocrates », résumait, samedi 12 septembre, Özgür Özel, alors que tout laissait déjà penser que Recep Tayyip Erdogan se représenterait. Evincé de la tête du CHP (Parti républicain du peuple) par la justice en mai, et aujourd’hui à la tête du Yeni Parti (Nouveau parti), devenu la première force d’opposition au Parlement, cet homme politique a, ce jour-là, une nouvelle fois, multiplié les mises en garde contre les dérives autoritaires du pouvoir. Se tenant sur le toit de son bus de campagne, à Üsküdar, sur la rive asiatique d’Istanbul, il s’adressait aux militants et opposants – deux à trois mille, peut-être le double, guère plus –, qui s’étaient rassemblés pour l’écouter sur une petite place, entourés de hauts grillages et de rangées de policiers casqués.
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