Alors que les principaux responsables de la tech mondiale figurent parmi les invités d’honneur du G7, qui se tient à Evian, sur les rives du lac Léman, du lundi 15 au mercredi 17 juin, les Nations unies organisent non loin de là, à Genève, trois jours de consultation aux mêmes dates sur un dossier aux contours embryonnaires : l’encadrement des usages de l’intelligence artificielle à des fins militaires. Un hasard du calendrier dont beaucoup espèrent qu’il sera l’occasion d’avancées en la matière, souvent parues illusoires jusqu’à présent.
Qu’il s’agisse de Sam Altman, le PDG d’Open AI, ou de Dario Amodei, le patron d’Anthropic, ou encore d’Arthur Mensch, à la tête de la licorne française Mistral AI, leur présence au G7 recouvre des enjeux très vastes. Mais elle a lieu dans un contexte de remous et d’ambivalences de plus en plus marqués au sein des grands acteurs de l’IA, notamment sur les risques que cette technologie fait peser sur la sécurité et la défense nationales des Etats.
Un débat en partie porté, ces derniers mois, par le positionnement atypique d’Anthropic, cette start-up fondée en 2021 par des anciens d’Open AI, engagée dans un rapport de force à avec le département de la défense américain. En janvier, Anthropic avait refusé que certains de ses modèles soient utilisés pour des « armes autonomes » ou de la surveillance de masse. En rétorsion, vendredi 12 juin, l’administration américaine a exigé qu’Anthropic coupe l’accès de son dernier modèle d’IA aux ressortissants étrangers, invoquant des risques pour sa sécurité nationale : une décision sans précédent.
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