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Géopolitique

« La culture du combat en Israël », de Gil Mihaely

Parti d’une histoire érudite de la « culture du combat en Israël », Gil Mihaely retrace la généalogie de Tsahal, du chrétien sioniste Charles Orde Wingate aux réseaux de la hi-tech. Ancien officier, docteur en histoire militaire, l’auteur interroge la circulation des savoir-faire entre l

Parti d’une histoire érudite de la « culture du combat en Israël », Gil Mihaely retrace la généalogie de Tsahal, du chrétien sioniste Charles Orde Wingate aux réseaux de la hi-tech.

Ancien officier, docteur en histoire militaire, l’auteur interroge la circulation des savoir-faire entre la sphère militaire et la société, notamment dans son rapport à l’innovation industrielle.

Son enseignement pour les démocraties contemporaines : « face au nouveau désordre, les armées n’ont d’autre choix que de s’ouvrir au désordre créatif de leur société civile ».

Gil Mihaely, La culture du combat en Israël, Valeurs Ajoutées eds, Versailles, 2026, 168 pages.

Une certaine tradition distingue le démos (δῆμος), peuple « politique », du laos (λαός) qui, selon l’expression de Benveniste, désigne « le peuple en ce qu’il porte les armes » — mais aussi le peuple ordinaire. Depuis la levée en masse de la Révolution française, qui, selon l’historien Daniel Moran, « visait à créer, au sein des masses, une dynamique et un état d’esprit comparables à la conception aristocratique de l’honneur », la défense existentielle de la « patrie en danger » crée un va-et-vient culturel entre les hommes en armes et les citoyens.

Dans cet ouvrage, Gil Mihaely explore cette dimension décisive des rapports sociaux en Israël, État condamné à maintenir et à réaffirmer sans relâche sa suprématie militaire, tant sa perte ou même son érosion mettrait en cause son existence même, comme l’a montré le 7 octobre. Née de cette « mobilisation totale » routinisée dans un État légal-rationnel, qui a préexisté à l’existence de l’État lui-même, c’est cette « culture du combat » qu’explore Gil Mihaely dans son ouvrage.

Ancien officier de l’armée israélienne, docteur en histoire militaire, Gil Mihaely est également porté sur l’histoire économique ; c’est donc plus particulièrement dans ses rapports à l’innovation et à l’appareil industriel qu’il interroge la circulation des attitudes, habitus et savoir-faire sociaux entre la sphère militaire et la société.

Les lecteurs verront plusieurs idées reçues mises à mal et apprendront qu’Israël n’est pas « une armée dotée d’un État » — formule, prêtée à Mirabeau à propos de la Prusse, devenue figure imposée de la rhétorique antisioniste.

On cherchera également en vain les mots-clés disséminés dans l’opinion depuis 2023 : ni « dôme de fer », ni « doctrine Begin », ni « konceptsiya » dans l’ouvrage de Mihaely. Enfin, le livre évite l’écueil de l’inventaire des armes et des hommes identifiés par le récit historique dominant : si les noms des hommes politiques issus des rangs combattants — Moshe Dayan, Yitzhak Rabin, Menahem Begin — traversent ses pages, c’est en surplomb d’une histoire qui se dessine sur le terrain.

Des hommes en armes

C’est dans l’œuvre brève et furieuse d’un Anglais, Charles Orde Wingate (1903-1944), au sein des Special Night Squads (SNS) actifs entre 1936 et 1939, que Mihaely identifie l’origine des traits qui vont irriguer les diverses incarnations des forces de défense juives. Une séquence de « chaos et de charisme » qui convergera avec d’autres sources, pour devenir la culture si particulière des Forces de défense israéliennes. Figure étonnante, sorte d’anti-Lawrence d’Arabie qui inspira le personnage de Malcolm dans l’Exodus de Leon Uris (1958), Wingate est un chrétien sioniste fervent, « autant admiré pour son audace et son originalité que critiqué pour ses méthodes radicales et sa personnalité excentrique », écrit l’auteur. La guerre est à ses yeux un « choc entre systèmes de valeurs, formes d’organisation et volontés collectives ».

De cette perspective pour ainsi dire spenglérienne, Wingate déduit une doctrine du « contre-gang », déjà esquissée au Soudan où il a servi avant d’être affecté à la Palestine, qui consiste à « retourner les méthodes » de l’ennemi — alors des « bandes irrégulières » — contre lui. Cette conception s’incarne dans les Special Night Squads, une unité d’élite instituée en 1938, qui intègre recrues britanniques et combattants juifs du Palmach, corps d’élite de la Haganah placé sous la houlette d’Yitzhak Sadeh. Si Montgomery « salue » les coups d’éclat en forme de coup de main dont Mihaely rend compte dans l’ouvrage, le futur vainqueur d’El-Alamein « se méfie de l’intégration de combattants juifs dans les unités britanniques » — et de Wingate, qu’il considère comme un « illuminé ». Ainsi s’établit déjà, dès la fin des années 1930, la tension qui parcourra longtemps l’armée du futur État, héritière de la rigueur impériale britannique et de la fougue des irréguliers.

Les doutes de Montgomery envers Wingate n’effacent pas sa dette envers ce dernier une fois la guerre venue. D’abord, celui-ci reprend du service dans la « Gideon Force » en Éthiopie, où, écrit Mihaely, il « donne la pleine mesure de son génie tactique et de la vision autonome de la guerre ». Une « vision » qui, relayée par d’autres officiers, permit à l’armée de Sa Majesté en sous-nombre — 36 000 contre un demi-million — de damer le pion aux Italiens.

Systématisées et rationalisées par Wingate, les tactiques de contre-insurrection britanniques irriguent donc tant la vieille armée britannique en Afrique et au Moyen-Orient que les boutures de la future armée israélienne — « trois des quatre premiers chefs d’État-major de Tsahal étaient des stagiaires de Wingate », écrit Mihaely. Ses principes : la recherche du contact avec l’ennemi au travers du combat, la connaissance de ce dernier et du terrain d’action par le renseignement, les opérations-surprise et le combat de nuit. Au chapitre, comme on dirait aujourd’hui, des « ressources humaines », « les premières expériences avec des fous furieux ».

Un ethos « radicalement opposé à la culture militaire britannique classique, souvent marquée par le formalisme » dont Mihaely identifie les « passeurs » : Abraham Akavia, d’origine polonaise, qui sert sous les ordres de Wingate, dans les SNS comme en Éthiopie, ou Marcel Tobias, originaire de Lvov, formé en Autriche, engagé dans sa prime jeunesse dans la Légion étrangère française — à l’instar du Jünger des Jeux africains. Au carrefour de la furia de Wingate et de la rigueur de la culture militaire de l’Europe centrale, il est, rappelle Mihaely, un des pères du parachutisme israélien et « un artisan discret, mais essentiel, de la culture de Tsahal ».

À lire aussi : Les dilemmes de Tsahal

L’auteur revient avec précision sur cet héritage des techniques de combat, qui passe au Palmach (Plugot Mahatz), troupe d’élite du Yichouv instituée en 1941 au sein de la Haganah, amenée, par crainte de la tenaille pétainiste au nord et fasciste au sud, à collaborer avec les Anglais. Un partenariat chaotique, inauguré par une catastrophe : le navire Sea Lion, transportant une force issue du SNS visant le Liban pétainiste, disparaît — et n’a jamais été retrouvé à ce jour. C’est également dans ces forces mixtes que, quelques jours plus tard, Moshe Dayan perd un œil, qu’il recouvrira de son fameux bandeau.

Si le Palmach charrie la culture héritée du charismatique Wingate, il intègre deux autres influences notables : la camaraderie socialiste des kibboutz, et, sur le plan opérationnel, l’expérience de la révolution et de la guerre civile bolchéviques. Le « passeur » est ici Yitzhak Sadeh, peu disert sur cette part de son itinéraire, mais porteur, note Mihaely, d’une « vision de la guerre comme entreprise de volonté et de transformation sociale […] avant-garde idéologique et existentielle », à l’image des unités rouges qu’il avait connues dans la phase la plus idéologique et la moins institutionnalisée de l’existence de l’« Armée rouge des ouvriers et paysans ». « Vision » qui lui vaudra la défiance de Ben Gourion, et, au final, d’être écarté en 1948 — le Palmach est alors absorbé par Tsahal.

Dans cette hybridation de traditions militaires naît une représentation du combattant en tant que « Juif nouveau », « antithèse du juif diasporique passif, fragile, détaché de la terre et de la souveraineté ». Une conception qui s’oppose aussi à la vision arabe du juif dhimmi étudiée par Bat Ye’or, que Mihaely ne mentionne pas. Il convoque en revanche Vladimir Jabotinsky, dont il rappelle la sentence : « Il n’y a pas de culture sans épée. Un peuple incapable de tenir l’épée n’aura pas non plus de livre entre ses mains. » Le Palmach, selon Mihaely, habité par « une lointaine mémoire des plaines du Sud russe disputées entre Rouges et Blancs », s’intègre avant tout à la culture du sionisme socialiste, produisant « un type de soldat et une doctrine de guerre profondément originaux, à la fois enracinés dans le réel local et nourris d’expériences venues d’ailleurs ».

Le dilemme du berger arabe

Fasciné par la figure de Wingate, Ariel Sharon, jeune commandant, crée en 1953 l’unité 101, corps d’élite à l’image des SNS. De « l’ami » britannique, devenu figure tutélaire, l’unité 101 reprend la « méthode subversive, offensive, visant à initier un frottement constant avec l’ennemi […] qui cherche à générer une dissuasion non par l’équilibre des forces, mais par une succession d’actions audacieuses, imprévisibles et parfois disproportionnées ». En six mois, la formation extrait Tsahal de « l’une de ses graves crises fondatrices », via une opération coup de poing qui met fin à une série d’échecs de la jeune armée, énumérés par Mihaely.

Des succès néanmoins coûteux en vies arabes ; l’opération de Qibya, en octobre 1953, signe la fin de l’unité 101, intégrée aux paras début 1954. L’expérience est alors d’autant plus controversée que l’excentricité de la « 101 », héritée de Wingate, va jusqu’à l’« indiscipline ouverte » que Mihaely oppose à « la discipline quasi britannique qui domine alors Tsahal ». Pourtant, note l’auteur, c’est l’esprit de la « 101 » qui « allait redéfinir la doctrine opérationnelle de Tsahal ». « Chez Sharon et ses hommes », écrit-il, « la mission primait sur tout. On ne revenait qu’après l’avoir accomplie, même au prix de sa vie. Et on ne laissait personne derrière. » Un esprit qui se communique aux paras et se manifeste par des signes et insignes particuliers, « débraillé, désordonné », écrit Mihaely, port de la chemise flottante (yarqit) et du béret rouge.

Cet ethos batailleur et rebelle semble contredire la règle morale issue, elle aussi, du sionisme travailliste. Une doctrine de la « pureté des armes », qui, nous apprend Mihaely, s’incarne dès la guerre d’Indépendance dans le « dilemme du berger arabe », en 1948, « entre la légende et le mythe ». Partis briser le siège de Goush Etzion par les forces arabes, les membres de la section dite « Lamed He » croisent, au cours d’une marche forcée, un berger arabe. Les combattants juifs refusent de liquider ce témoin de leur action secrète, qui les dénoncera, scellant l’anéantissement de la section. Vrai ou non, l’épisode « devint […] un symbole des valeurs et des croyances sur lesquelles furent éduquées les générations suivantes ». Le « qu’aurais-je fait face au berger arabe ? » est, selon Mihaely, l’équivalent du « qu’aurais-je fait sous l’Occupation ? » en France.

La « pureté des armes » est aussi mise à rude épreuve par la bataille de Deir Yassin. Passée à l’histoire sous le terme de « massacre », cette opération, révèle Mihaely, dut son caractère sanglant au manque de préparation de ses protagonistes — des paramilitaires de l’Irgoun et du groupe Stern. « Aux yeux de l’opinion israélienne, il s’agissait de la droite nationaliste et fascisante, surtout pas de « nous » […] le Palmach, la jeunesse de Ben Gourion et celle des kibboutzim. » Une interprétation qui devient rapidement « un élément central de la fracture politique au sein du Yichouv », entre universalisme du sionisme de gauche, porteur d’un projet collectif, et conviction de la droite nationaliste selon laquelle force doit rester à la force.

Des Israéliens aux juifs

Pour Mihaely, l’issue de la guerre des Six Jours est un temps décisif dans la tectonique des mentalités et représentations, tant pour les vainqueurs que pour les vaincus. À la différence des Arabes devenus « Arabes israéliens » sur le territoire d’Israël après 1948, Gazaouis et Cisjordaniens entament le processus de nation-building, en vue de créer un État palestinien. Côté israélien, l’issue du conflit de 1967 donne corps au mythe des origines, via la redécouverte des lieux bibliques, dont le mont du Temple. L’auteur glisse ici une brillante analogie — « au moment où, en France, les « israélites » devenaient des « Juifs », en Israël, les Israéliens le sont devenus également ».

« La Bible fut de moins en moins la Chanson de Roland, l’Odyssée ou l’Iliade de la nouvelle nation israélienne, pour redevenir de plus en plus un objet religieux et un support de foi. »

Le roman national jusque-là mis au service d’un projet laïque redevient théodicée, notamment auprès des disciples du rav Kook, issus de la yeshiva Merkaz HaRav. Sous leur influence, « le socle universaliste fut progressivement supplanté par une dimension religieuse et messianique », la « construction nationale devenant un moment de rédemption inscrit dans un horizon eschatologique ». Une polarisation qui « continue de structurer jusqu’aujourd’hui les débats sur l’identité, la légitimité et l’avenir du projet sioniste » et naturalise dans le débat public la « colonisation juive de la Cisjordanie, de Gaza et du Golan ». Ce courant sioniste religieux aidera de manière décisive Menahem Begin, le 17 mai 1977, à briser près de 30 ans d’hégémonie travailliste. Un courant dont Mihaely, sans s’appesantir, note l’hégémonie culturelle contemporaine.

Les armes et le métier

La seconde partie de l’ouvrage laisse là ces considérations politiques et ajoute à l’originalité de l’ouvrage : à une démarche généalogique, donc descendante, succède une présentation érudite des mises en réseau entre économie, armée et société, notamment centrée sur la hi-tech — un secteur dont le dispositif militaire est à la fois le catalyseur et le destinataire. Plus de 11 % de la population active travaille dans ce domaine, qui contribue à 30 % de l’impôt sur les sociétés, relève l’auteur.

Le projet nucléaire en est la matrice durant les années 1950 ; la tech intègre le tissu économique dès les années 1960, d’abord sous l’impulsion d’anciens officiers de l’armée, à l’origine — par tâtonnements — d’entreprises telles qu’« Elron ». S’appuyant sur une recherche récente de l’université de Tel-Aviv, Mihaely identifie Zohar et Yehuda Zisapel, « qui transformèrent ce socle en réseau dynamique d’entreprises pionnières ». De là, l’auteur esquisse une arborescence de start-up, et un spectre de l’innovation entre le civil et le militaire. Des radars à l’IA, en passant par les microscopes, de la technologie médicale aux satellites, Mihaely décrit un écosystème dont « les résultats sont visibles dans deux débouchés, face au Hezbollah ou à l’Iran, mais aussi dans les statistiques économiques israéliennes, les bourses américaines et le secteur technologique mondial ».

Le va-et-vient entre appareil productif et appareil militaire façonne aussi les stratégies scolaires et d’ascension sociale, dont la souplesse et l’adaptabilité laisseront rêveur le lecteur français, condamné à Parcoursup et à la morne certitude bourdivienne de la reproduction sociale. Si, autour de MAVRAM — un organisme de gestion informatique devenu un lieu de formation de l’élite, intégrable sur concours à bac + 1 — s’agrège un véritable réseau omniprésent dans le tissu économique et militaire, Tsahal opère son propre classement au sein des compétences de la jeunesse, dès l’âge de 16 ans, au travers d’une « série d’évaluations » qui permettent d’estimer le « potentiel intellectuel du candidat ». Aux antipodes du système français, l’idée est ici « de faire abstraction de tout ce qui aurait pu être un obstacle dans le parcours scolaire des filles et des garçons pour essayer de repérer leur potentiel ».

Autant de processus qui font fonction de « tamis culturels et sociaux ». « La sélection militaire est devenue elle-même une arène de compétition sociale et économique […] qui, malgré ses biais et primes à la reproduction sociale, offre une chance unique à ceux qui ne disposent pas de capitaux financiers, culturels ou symboliques », écrit Mihaely. Détaillant les adaptations entre l’université, l’armée et l’entrepreneuriat dictées par les évolutions de la guerre — notamment la lutte au sein du dédale de tunnels du Hamas, dont le traitement par Tsahal fait l’objet d’une analyse spécifique —, Mihaely envisage sa déclinaison à d’autres situations contemporaines.

À lire aussi : Guerre Israël-Hamas : la double défaillance d’Israël — Entretien avec Gil Mihaely

Ainsi, « la guerre en Ukraine », écrit-il, « est devenue le théâtre d’une course effrénée à l’innovation […] le modèle ukrainien, proche en cela du modèle israélien, repose sur une relative liberté d’initiative, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur des structures militaires et de défense ». S’y ajoute, selon lui, une autre analogie : celle de « nations qui précèdent l’État » et où, lors des crises du Kippour le 6 octobre 1973 et du 7 octobre 2023, les citoyens, « propriétaires de la res publica, n’ont pas attendu leur État, leur armée ou leur gouvernement pour se précipiter vers le front, colmater les brèches ».

À cet égard, Mihaely voit pointer les signes d’un « modèle ukrainien » au travers du parcours de Robert Brovdi, homme d’affaires passé de l’autoproduction de drones, aujourd’hui à la tête des Forces des systèmes sans pilote de l’Ukraine en guerre. Revenant à Israël, Mihaely conclut par une surprenante évocation : celle de la conversion des savoir-faire militaires en militantisme civique, à travers l’histoire d’un quinquagénaire, Eitan Hertzl : scandalisé par la tentative de réforme de la Cour suprême engagée par Netanyahou, celui-ci utilise son réseau d’amis réservistes et ses capacités pour organiser les manifestations hostiles au Premier ministre, puis favorables à la conscription des étudiants religieux. Il suffit de quelques heures à cette organisation pour devenir une cellule d’aide aux victimes du 7 octobre, jusqu’à « se substituer à l’État pendant les premières semaines » qui suivirent le massacre — une activité redoublée après le déclenchement en 2025 de la guerre des Douze Jours.

« Face au nouveau désordre, les armées n’ont d’autre choix que de s’ouvrir au désordre créatif de leur société civile » — fût-ce au prix de la « discipline et de la hiérarchie ».

« Des réservistes à la manœuvre » : la chose n’est pas courante, note Mihaely, qui voit là une des expressions du contrat social israélien, qui « oblige à identifier, cultiver, développer et mettre à contribution l’ensemble des aptitudes, talents et possibilités latentes ». De sa longue généalogie de l’essor croisé de Tsahal et d’Israël, et de ses récentes réflexions sur l’Ukraine, l’auteur retire une certitude : face au désordre du monde, c’est dans la vitalité de sa société civile qu’une armée démocratique puise désormais sa force.

Gil Mihaely, La culture du combat en Israël, Valeurs Ajoutées eds, Versailles, 2026, 168 pages.

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