La Cour suprême des Etats-Unis a maintenu, lundi 11 mai, à titre provisoire, l’accès par voie postale à une pilule abortive utilisée dans la majorité des IVG du pays.
Les juges se sont donnés jusqu’à jeudi pour décider de la suite à donner à un recours judiciaire déposé par les laboratoires Danco et GenBioPro, qui fabriquent la mifépristone, médicament administré en combinaison avec un autre comprimé dans les avortements médicamenteux.
Ce recours fait suite à la décision, le 1ᵉʳ mai, d’une cour d’appel très conservatrice ordonnant l’arrêt de la distribution de ce traitement, prescrit par télémédecine et expédié par courrier à travers le pays.
Aux Etats-Unis, début 2025, une personne sur quatre ayant eu recours à une IVG avec encadrement médical l’avait fait via la télémédecine, selon le Guttmacher Institute, un organisme de référence sur ces questions.
Interdire cette possibilité de prescription et d’envoi postal imposerait donc aux femmes de l’ensemble du pays de se rendre en personne dans un centre médical pour se faire délivrer ladite pilule, ce qui entraverait l’accès à l’avortement, notamment pour les femmes vivant dans des déserts médicaux ou dans les Etats américains où l’avortement est interdit.
Des militants anti-avortement contestent la sécurité du médicament
Plus de vingt Etats ont interdit ou restreint l’avortement depuis que la Cour suprême a annulé, en juin 2022, l’arrêt historique « Roe v. Wade », qui garantissait depuis un demi-siècle le droit constitutionnel à l’avortement.
Des militants anti-avortement contestent la sécurité du médicament, certains s’appuyant sur une étude menée par un cercle de réflexion conservateur et qui n’a jamais fait l’objet d’une évaluation scientifique formelle.
Aux Etats-Unis, la mifépristone, qui bloque l’évolution de la grossesse, et le misoprostol, qui provoque l’expulsion de l’embryon, sont autorisés pour interrompre une grossesse jusqu’à 70 jours de gestation.
En 2024, la Cour suprême avait déjà rejeté une tentative de restreindre l’accès à la mifépristone, estimant que les opposants à l’avortement et les médecins à l’origine du recours n’avaient pas la qualité juridique pour agir.
Par son arrêt historique de juin 2022 annulant la garantie fédérale du droit à l’avortement, la Cour suprême, majoritairement conservatrice, a redonné aux Etats toute latitude pour légiférer dans ce domaine. Depuis, une vingtaine ont interdit l’interruption volontaire de grossesse (IVG), qu’elle soit réalisée par voie médicamenteuse ou chirurgicale, ou l’ont strictement encadrée.