Devant les grilles de l’école primaire Addington [en janvier], à Durban [ville côtière de l’est du pays], la tension était palpable. La présence d’un petit groupe de policiers, stoïques, n’avait pas suffi à dissuader les manifestants de venir intercepter certains parents, exigeant de voir leurs papiers d’identité. Car, selon eux, l’établissement accueillait davantage d’enfants étrangers que sud-africains.
La crise enflait depuis la rentrée. Plantés devant la grille, les enfants ne comprenaient pas vraiment ce qui se jouait sous leurs yeux, comme si la situation pouvait basculer à tout moment.
“J’ai pris ma fille par la main, et je lui ai dit que tout allait bien, même si je voyais qu’elle avait peur, se souvient Misozi Banda, 31 ans, originaire du Malawi. Je voulais simplement la déposer à l’école comme tous les matins… Pas qu’elle me regarde comme si quelque chose de grave allait se passer.”
Ce jour-là, les manifestants ont fini par partir, et les élèves ont pu entrer en classe, mais les parents, eux, restent inquiets.
La manifestation devant l’école primaire de Durban s’inscrit dans une tendance générale en Afrique du Sud, où les questions d’identité et d’appartenance s’imposent petit à petit dans l’espace public au quotidien. [L’égalité] d’accès aux écoles, aux hôpitaux et au
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