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Financière et politique, la double fragilisation de la recherche publique

Les universités et les organismes de recherche voient leur trésorerie se dégrader. Une situation inquiétante pour l’avenir, analyse le journaliste David Larousserie. D’autant que malgré les discours officiels faisant de la recherche une priorité, de plus en plus de décisions politiques fo

Financière et politique, la double fragilisation de la recherche publique
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Mardi 23 juin, une mauvaise nouvelle pour l’enseignement supérieur et la recherche nationale est tombée. Pour la seconde année de suite, la France perd sa place sur le podium du prestigieux concours scientifique du Conseil européen de la recherche (ERC), qui chaque année attribue des bourses de recherche après une évaluation exigeante. Alors que la France tenait son troisième rang derrière le Royaume-Uni (toujours autorisé pour l’ERC même s’il n’est plus dans l’Union européenne) et l’Allemagne, depuis deux ans, elle finit 5e. Elle est dépassée en 2026 par la Suisse et l’Espagne. Depuis 2017, elle raflait plus de 10 % de ces bourses dites « advanced » (« supérieures »), financées par l’Union européenne, avec même 18 % en 2023. Elle se situe en 2026, comme en 2025, en dessous de 9 %.

Bien sûr, des accidents statistiques peuvent expliquer cette baisse (observée néanmoins aussi sur les bourses jeunes, dites « starting »). On cherche pourtant en vain des signes positifs de non-dégradation de la position française. En matière de productivité, c’est-à-dire de volume d’articles publiés, le pays est aussi passé de la 6e à la 13e place entre 2010 et 2022. Et l’investissement public et privé, mesuré en pourcentage du produit intérieur brut (PIB), n’est que de 2,2 %, la même valeur qu’il y a trente ans, quand l’Allemagne dépasse les 3 % (en étant partie du même point que la France) ou que la moyenne de l’Organisation de coopération et de développement économiques est montée jusqu’à 2,9 %.

Pour cette raison, les situations financières des universités et des organismes de recherche, qui ont vu se dégrader leur trésorerie, ne peuvent qu’inquiéter pour l’avenir. Fin 2025, la plupart ont voté des budgets en déficit, avec un record pour le Centre national de la recherche scientifique (CNRS) de − 239 millions d’euros.

L’ironie cruelle est que, dans la plupart des cas, le traitement de (dé) faveur subi par ces institutions est dû à leur bon comportement. Leur trésorerie est abondante, car les chercheuses et chercheurs gagnent des appels d’offres, nationaux ou européens, pour soutenir des projets sur plusieurs années. Et cet argent, pour trois, quatre ou cinq ans, tombe en une seule fois en première année, « gonflant » les caisses, qu’il devient tentant d’alléger.

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