Le dernier des trois « inventeurs » d’une particule fondamentale pour la compréhension de l’Univers vient de disparaître. Le Belge François Englert est mort le 18 juin à Uccle (Belgique), à 93 ans, après son compatriote Robert Brout (1928-2011) et leur meilleur « concurrent », le Britannique Peter Higgs (1929-2024). En 1964, le duo belge et Higgs, dans deux articles distants de quelques semaines, font une proposition théorique qui explique notamment comment les particules élémentaires acquièrent leur masse. Au lieu d’évoluer dans le vide complet, elles se meuvent dans un champ qui, comme une colle ou de la boue, gêne leur déplacement et leur confère une masse. Cette interaction fait intervenir une nouvelle particule qui très vite sera popularisée par le surnom de « particule de Dieu », mais son nom exact est « boson de Brout-Englert-Higgs » – le plus souvent raccourci à « boson de Higgs ».
Le 4 juillet 2012, cette idée audacieuse est confirmée par deux expériences installées sur le LHC, l’accélérateur de particules géant de l’Organisation européenne pour la recherche nucléaire (CERN). Cette impressionnante machine à créer des collisions entre protons avait été essentiellement construite pour la découverte de ce boson très particulier, qui complète le tableau décrivant le monde de l’infiniment petit et ses lois. Un an plus tard, en octobre 2013, Peter Higgs et François Englert reçoivent le prix Nobel de physique – Robert Brout étant mort deux ans plus tôt.
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