Des dizaines de missiles balistiques, de croisière et hypersoniques, mais aussi 168 drones, parmi lesquels des Shahed de fabrication iranienne. Selon les déclarations de l’armée de l’air ukrainienne, relayées par The Guardian, c’est toute cette puissance de feu qui s’est abattue sur Kiev et ses environs dans la nuit du mercredi 19 au jeudi 20 août. “L’attaque a endommagé des immeubles d’habitation, un hôpital pour enfants, ainsi qu’un établissement scolaire, écrit le média britannique qui dresse le bilan, très lourd, de cette nuit. Quinze personnes ont été tuées et 33 blessées.”
Ces frappes s’inscrivent dans le contexte d’une longue guerre d’attrition, où l’Ukraine subit les conséquences d’une importante pénurie de missiles intercepteurs, ce qui la fragilise face aux attaques venant du ciel. Ainsi, à la suite de cette nuit de bombardements, le président Volodymyr Zelensky a fait appel à ses alliés en se fendant de la déclaration suivante sur les réseaux sociaux, citée par le journal progressiste : “Alors que Moscou investit dans les missiles balistiques, ces frappes ne suscitent pas toujours la réaction qu’elles mériteraient de la part de la communauté internationale.” Et de poursuivre :
“Et tant que l’Ukraine ne disposera pas d’une défense antibalistique suffisante, la Russie n’envisagera pas sérieusement la paix.”
Une façon de mettre une fois de plus la pression sur les Américains et les Européens. L’Ukraine assure intercepter la majorité des drones utilisés par la Russie mais dépend des livraisons d’armements occidentaux, et notamment des missiles américains Patriot, pour contrer les missiles balistiques russes. Donald Trump avait initialement affirmé qu’il autoriserait l’Ukraine à en produire localement avant de revenir sur sa décision, affirmant désormais qu’il n’en était “pas sûr”.
De plus en plus de victimes civiles
Cet aspect du conflit est de plus en plus problématique pour Kiev, analyse de son côté The New York Times. Le journal américain indique en effet que “la pression exercée sur les défenses aériennes est devenue telle que l’armée de l’air ukrainienne a annoncé la semaine dernière qu’elle cesserait de communiquer le nombre de missiles balistiques tirés par la Russie et abattus lors de chaque attaque. Cela, parce que les faibles taux d’interception donnaient lieu à des gros titres négatifs susceptibles d’effrayer la population.” Déjà en juillet, avant que l’armée de l’air ne cesse de publier ces statistiques, “l’Ukraine avait intercepté moins d’un tiers des missiles balistiques lancés ce mois-là”, dévoile le média d’outre-Atlantique qui a élaboré ses propres statistiques sur le sujet.
D’autres chiffres, fournis par les Nations unies cette fois, rendent compte des conséquences directes sur la population de cette pénurie de missiles intercepteurs. “Le nombre de victimes civiles a augmenté en Ukraine à mesure que les défenses aériennes perdaient de leur efficacité, rapporte encore le New York Times. Près de 1 400 civils ont été tués au cours des six premiers mois de cette année, soit une hausse de 37 % par rapport à la même période en 2025 et de 114 % par rapport à l’année précédente.”
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