Les Émirats arabes unis (EAU), l’un des plus proches alliés d’Israël dans le monde arabe, se sont joints à sept autres pays musulmans pour condamner, dimanche 16 août, le “refus israélien” de poursuivre le plan de Donald Trump visant à mettre fin à la guerre à Gaza.

La déclaration commune − signée par les EAU, l’Égypte, la Jordanie, le Qatar, l’Indonésie, l’Arabie saoudite, la Turquie et le Pakistan – a été publiée lors de la visite au Moyen-Orient du gendre et conseiller du président américain, Jared Kushner, “dans un contexte de tensions entre Jérusalem et Washington”, souligne Ha’Aretz.

Les huit ministres des Affaires étrangères signataires ont appelé le Conseil de la paix à “prendre des mesures immédiates et concrètes” dans le cadre de son mandat, afin de préserver l’intégrité de la feuille de route.

Le Likoud a répondu sur X que ces pays “veulent faire tomber” le Premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou afin que l’opposition puisse “leur donner ce qu’ils veulent”, rapporte le quotidien israélien de gauche. “Cela n’arrivera pas”, promet le parti au pouvoir, à quelques mois des élections législatives.

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Aplanit les divergences

Pendant ce temps-là, Jared Kushner, gendre du président américain Donald Trump et envoyé spécial pour le Moyen-Orient, a rencontré les dirigeants du Hamas en Égypte. Selon des sources diplomatiques citées par Axios, le mouvement islamiste a réaffirmé son “engagement vis-à-vis l’accord”, tandis que Kushner a “insisté sur le désarmement et la fin de tout rôle futur du Hamas dans la gestion de Gaza”.

Cette rencontre − qui n’a été confirmée officiellement ni par le Hamas ni par Kushner − visait “à aplanir les divergences” concernant la feuille de route de Trump pour Gaza, avant une rencontre lundi entre Kushner et Nétanyahou, qui a “rejeté” la semaine dernière le plan en quinze points, rappelle le Washington Post.

Les négociations entre le gouvernement américain et le Hamas, organisation qualifiée de “terroriste” par les États-Unis, “étaient jadis rares”, observe le New York Times. Mais l’administration Trump a “rompu ce tabou” en menant plusieurs séries de pourparlers directs afin d’obtenir la libération des otages israéliens détenus à Gaza et un cessez-le-feu dans l’enclave.

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Les frappes israéliennes se poursuivent

Malgré ce cessez-le-feu, Israël n’a jamais cessé de bombarder l’enclave et a même, fait savoir Al-Jazeera, accentué les frappes ces derniers jours, blessant dimanche au moins cinq Palestiniens dans un campement à Khan Younès.

Plus de 1 250 Palestiniens à Gaza ont été tués par des tirs israéliens depuis son entrée en vigueur, selon des sources officielles palestiniennes, portant le nombre total de morts depuis octobre 2023 à plus de 73 300.

Le ministre de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, a publiquement plaidé pour l’élimination de “30 à 40 personnes” lors de frappes ciblées sur Gaza chaque nuit, rapporte The Times of Israel. “ “Pas seulement ceux qui représentent une menace immédiate. Non, il y a là-bas des gens qui ne méritent pas de vivre. Ils ne devraient pas vivre. Ce ne sont même pas des êtres humains”, a déclaré le ministre dans un podcast israélien samedi soir.

“Je considère que toute la bande de Gaza nous appartient”, a-t-il ajouté, plaidant pour “autant d’émigration que possible” et “pour les terroristes, aucune émigration, rien, juste les tuer un par un”.