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Génération Mondial : Frantzdy Pierrot, le redoutable canonnier des Grenadiers

Enfant, il jouait dans les rues du Cap-Haïtien avec des ballons de fortune. Trente ans plus tard, après la Ligue des champions et des dizaines de buts sous le maillot national, Frantzdy Pierrot arrive au Mondial en principale arme offensive d’Haïti avec le dossard 20. Il a appris le football da

Génération Mondial : Frantzdy Pierrot, le redoutable canonnier des Grenadiers
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12 juin 2026
Génération Mondial : Frantzdy Pierrot, le redoutable canonnier des Grenadiers
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Génération Mondial : Frantzdy Pierrot, le redoutable canonnier des Grenadiers

  • by Rezo Nodwes
  • 12 juin 2026
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Enfant, il jouait dans les rues du Cap-Haïtien avec des ballons de fortune. Trente ans plus tard, après la Ligue des champions et des dizaines de buts sous le maillot national, Frantzdy Pierrot arrive au Mondial en principale arme offensive d’Haïti avec le dossard 20.

Il a appris le football dans les rues du Cap-Haïtien, avec des ballons de fortune, avant de connaître les soirs de Ligue des champions et les filets adverses qui tremblent. À 31 ans, Frantzdy Pierrot est devenu l’avant-centre vedette d’Haïti, l’un de ses meilleurs buteurs de l’histoire récente. Du haut de son mètre quatre-vingt-quatorze, ce colosse formé entre Haïti et les États-Unis sera, au Mondial 2026, la principale arme offensive des Grenadiers. Son histoire est celle d’un long voyage, d’une ville du nord d’Haïti jusqu’au sommet.

Frantzdy Pierrot naît le 29 mars 1995 au Cap-Haïtien où il grandit au sein d’une famille modeste. Dans un entretien à la FIFA, il a raconté ces années où l’on jouait dans la rue, souvent pieds nus, faute d’équipement. Les ballons, les enfants les fabriquaient eux-mêmes, avec des oranges, des sacs plastiques ou de vieux chiffons. De ces débuts modestes, Pierrot a gardé un amour intact du jeu. Le football, très tôt, fut pour lui un espace de liberté.

Un tournant survient vers ses onze ou douze ans, quand la famille s’installe aux États-Unis. Le projet a coûté cher. Son père, Destine Pierrot, était parti devant, seul, pour préparer la venue des siens. Là-bas, il a multiplié les emplois, enseignant et conducteur de bus notamment, accumulant les heures pour réunir les fonds. Frantzdy a fini par rejoindre Boston avec sa mère et ses frères. Ce labeur paternel reste, aujourd’hui encore, sa plus grande fierté et une source de motivation qu’il évoque souvent.

C’est dans la région de Boston, au nord du Massachusetts, que l’adolescent se construit. Arrivé sans parler la langue, il s’intègre peu à peu à sa communauté d’accueil et passe son diplôme à la Melrose High School en 2014. Là, il se révèle athlète complet. Avant de se consacrer au football, il brille sur les terrains de basket, devenant capitaine de son équipe, menant son lycée jusqu’aux demi-finales d’un tournoi régional. Le sport, déjà, occupe toute sa vie.

Sur les pelouses de Melrose, son talent éclate. Son entraîneur de l’époque, Dean Serino, est le premier à lui dire qu’il a « quelque chose de spécial », une phrase qui agit comme un déclic. Le football est d’ailleurs une affaire de famille : l’un de ses frères, Frantz Pierrot, est lui aussi devenu footballeur professionnel, aujourd’hui en Irlande. Les Pierrot partagent la même passion, née de l’autre côté de l’Atlantique et prolongée sur le sol américain.

Sa famille reste sa boussole. Proches et amis veillent à lui rappeler de rester humble et de ne jamais oublier d’où il vient. Ce lien a pris une force particulière à l’approche du Mondial. En apprenant que le premier match d’Haïti se jouerait dans le Massachusetts, l’État où il a grandi, Frantzdy a aussitôt téléphoné à son père. « Bon, je rentre à la maison », lui a-t-il lancé, selon la radio WBUR. Optimiste, Destine s’est même risqué à un pronostic : une victoire 3-0 face à l’Écosse.

Des universités américaines aux sommets européens
Sur le terrain, Pierrot a gravi les échelons un à un. Passé par le championnat universitaire américain, il s’y impose comme un buteur redoutable : élu meilleure recrue de sa conférence à Northeastern en 2014, puis meilleur joueur de la Sun Belt avec Coastal Carolina en 2017. Repêché par un club de Major League Soccer en 2018, il refuse pourtant de signer. Son ambition est ailleurs : il veut se confronter au football européen. Un défi risqué, qu’il assume pleinement.

Le pari se révèle gagnant. Il fait ses débuts professionnels en Belgique, au Royal Excel Mouscron, avant de rejoindre la France et l’En Avant Guingamp, en deuxième division, où il aiguise son jeu dos au but. Mais c’est en Israël, au Maccabi Haïfa, que sa carrière change de dimension. En 2022, lors des tours de qualification de la Ligue des champions, la grande compétition européenne des clubs, il marque face à de prestigieux adversaires grecs et serbes. Ces buts lui ouvrent les portes de l’AEK Athènes, puis d’un prêt en Turquie.

Le canonnier des Grenadiers
Avec Haïti, Pierrot écrit l’une des plus belles pages de buteur de son époque. Appelé en sélection dès ses années universitaires, il n’a cessé d’enfiler les buts, devenant même le deuxième Haïtien à signer un doublé en Gold Cup, la grande compétition régionale. Autour de cinquante sélections et trente-quatre réalisations plus tard, il est le deuxième meilleur buteur parmi les joueurs haïtiens encore en activité, juste derrière Duckens Nazon. Un ratio remarquable, qui fait de lui une référence offensive du groupe de Sébastien Migné.

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