Le parquet européen (European Public Prosecutor’s Office, EPPO), a annoncé, jeudi 16 juillet, engager des poursuites judiciaires contre 22 personnes, dont quatre députés grecs en exercice, dans le cadre d’une enquête sur une fraude présumée de grande ampleur aux subventions agricoles européennes en Grèce.
Trois députés grecs sont poursuivis pour abus de confiance, tandis que le quatrième est poursuivi « pour avoir provoqué une gestion illégale de fonds européens », selon le communiqué du parquet, établi au Luxembourg.
Le parquet européen avait annoncé, en mai 2025, mener des perquisitions à Athènes et en Crète dans le cadre d’une enquête sur « un système de fraude organisée » aux fonds de la politique agricole commune (PAC) revêtant un caractère « systématique » entre 2019 et 2024.
Outre les quatre élus du Parlement, figurent « plusieurs anciens hauts fonctionnaires et collaborateurs politiques ». Les accusations visant sept autres députés en exercice ainsi que deux anciens députés ont, en revanche, été classées sans suite, « faute de preuves suffisantes pour engager des poursuites pénales », selon la même source.
En cas de condamnation, ils encourent une peine pouvant aller jusqu’à cinq ans d’emprisonnement, ainsi que les amendes pénales prévues par la législation grecque, a encore précisé le parquet.
Kyriakos Mitsotakis éclaboussé
En avril, le Parlement monocaméral grec avait décidé la levée de l’immunité parlementaire de 13 députés conservateurs réclamée par les justices européenne et grecque qui enquêtent sur cette affaire.
Tous les élus visés sont membres du parti du premier ministre Kyriakos Mitsotakis, Nouvelle Démocratie (ND, droite) et ce dernier a déjà vu trois de ses ministres et plusieurs vice-ministres démissionner en lien avec ce dossier. Le chef du gouvernement avait alors demandé au parquet européen d’engager « sans délai » d’éventuelles poursuites contre ces élus une fois leur immunité levée.