La bataille fut rude, longue et sa finalité demeure incertaine. Après plus d’un an de tergiversations, Donald Trump a signé, vendredi 18 septembre, une loi portant le nom du sénateur républicain Lindsay Graham, décédé en juillet, qui fut un farouche défenseur de l’Ukraine. Le texte offre un éventail de sanctions sans précédent contre la Russie, et indirectement contre les Etats assistant Moscou dans son effort de guerre.
Des responsables, des institutions financières et des navires pétroliers de la flotte fantôme russe, servant à contourner les sanctions déjà en place, sont ainsi visés. Donald Trump a aussi la possibilité d’imposer des droits de douane punitifs – jusqu’à 100 % – sur les principaux acheteurs du pétrole de Moscou, parmi lesquels se trouvent l’Inde et surtout la Chine. Mais il est invraisemblable que la Maison Blanche veuille et puisse s’offrir une guerre commerciale contre Pékin, à cette heure de grande vulnérabilité stratégique.
Adopté au Sénat en août, le Graham bill a passé l’épreuve de la Chambre des représentants le 16 septembre, plusieurs dizaines de démocrates se joignant pour une fois aux voix républicaines, en faveur du texte. « Cette loi va paralyser la machine de guerre russe et enfin pousser Poutine vers la table des négociations. Elle fera en sorte que les adversaires de l’Amérique – la Russie, mais aussi la Chine et l’Iran – paient le prix de leur campagne d’agression concertée », voulait croire Michael McCaul (Texas), l’une des voix républicaines influentes en politique étrangère au Congrès.
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