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HAÏTI | 13 DÉCEMBRE — A qui profitera cette prorogation ? Le CEP tâtonne encore et ne publiera sa liste définitive des candidats que 60 jours avant le scrutin

— A mesure que le calendrier électoral est révisé, une interrogation d’ordre politique et institutionnel s’impose : le CEP dispose-t-il réellement, en face de lui, d’« offres sérieuses » pour ces élections annoncées le 13 décembre ? Le doute est nourri par des prises de position pa

HAÏTI | 13 DÉCEMBRE — A qui profitera cette prorogation ? Le CEP tâtonne encore et ne publiera sa liste définitive des candidats que 60 jours avant le scrutin
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3 septembre 2026
HAÏTI | 13 DÉCEMBRE — A qui profitera cette prorogation ? Le CEP tâtonne encore et ne publiera sa liste définitive des candidats que 60 jours avant le scrutin
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HAÏTI | 13 DÉCEMBRE — A qui profitera cette prorogation ? Le CEP tâtonne encore et ne publiera sa liste définitive des candidats que 60 jours avant le scrutin

  • by Rezo Nodwes
  • 3 septembre 2026
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— A mesure que le calendrier électoral est révisé, une interrogation d’ordre politique et institutionnel s’impose : le CEP dispose-t-il réellement, en face de lui, d’« offres sérieuses » pour ces élections annoncées le 13 décembre ? Le doute est nourri par des prises de position particulièrement sévères. Un membre influent de Fanmi Lavalas, Schiller Louidor, avait déclaré : « Il faut être un criminel pour participer à ces élections », tandis que le leader de New England Human Rights allait plus loin en estimant que seuls des « apatrides » pourraient prêter foi à ces « électionssélections ». Ces déclarations, aussi radicales soient-elles, traduisent une contestation profonde de la crédibilité politique du processus.

PORT-AU-PRINCE, 3 septembre 2026 — A qui profitera finalement cette nouvelle prorogation décidée par le Conseil électoral provisoire (CEP) ? L’institution vient de modifier une nouvelle fois son chronogramme, affirmant répondre aux demandes de partis et groupements politiques. Initialement prévue du 20 août au 2 octobre, l’opération conduira désormais jusqu’au 14 octobre, date retenue pour la publication de la liste définitive des candidats agréés. L’échéancier laisse une marge particulièrement étroite : à cette date, il ne restera que 60 jours avant les « élections » annoncées pour le 13 décembre, dans un pays où l’organisation matérielle du scrutin demeure confrontée à des contraintes sécuritaires, administratives et territoriales considérables.

Ce réaménagement donne l’image d’une méthode par tâtonnements plutôt que celle d’un processus électoral adossé à un échéancier définitivement stabilisé. Inscription en ligne – avec connection internet capricieuse – jusqu’au 20 septembre, dépôt des pièces jusqu’au 22, analyse des dossiers jusqu’au 28, contentieux devant les BCEC et BCED, puis recours devant le BCEN jusqu’au 13 octobre : les Haïtiens ne connaîtront donc officiellement l’ensemble des candidats autorisés à concourir que deux mois avant de devoir voter. À qui ce délai supplémentaire bénéficie-t-il réellement : aux électeurs, aux formations politiques insuffisamment préparées, aux indécis ou à une administration électorale contrainte de réajuster progressivement son propre dispositif ?

Le réaménagement du chronogramme conduit également à examiner le sort réservé au référendum constitutionnel : en sera-t-il ainsi pour la consultation que le CEP entend organiser le 13 décembre ? Si les candidats doivent attendre le 14 octobre pour connaître définitivement leur sort, où se trouve le texte constitutionnel définitif sur lequel les citoyens seraient appelés à se prononcer le même jour ? Le projet demeure, à ce stade, absent du débat public dans sa version censée être soumise au vote. Est-il quelque part dans un tiroir du président du CEP, Jacques Desrosiers, ou de son administration, pendant que l’échéance avance ? Une consultation populaire ne saurait juridiquement et démocratiquement se réduire à l’annonce d’une date : elle suppose que l’objet même du vote soit préalablement accessible, intelligible et soumis à la contradiction publique.

Cette succession de délais place finalement le CEP devant une question de cohérence institutionnelle : l’institution prolonge les délais au bénéfice des candidats, mais quel délai entend-elle accorder aux citoyens pour examiner le texte constitutionnel qu’ils seraient invités à approuver ou à rejeter ? À 101 jours du 13 décembre, la question ne concerne plus seulement la capacité du CEP à tenir une date. Elle porte sur la qualité juridique et démocratique du processus : peut-on demander à des millions d’électeurs de choisir leurs représentants et, simultanément, de se déterminer sur l’architecture constitutionnelle du pays lorsque, au 3 septembre, ni la liste définitive des candidats ni le texte définitif soumis au référendum ne leur sont encore présentés ?

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