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Haïti : 7 élections présidentielles en 40 ans, une seule véritablement « libre, crédible et honnête » — Fils-Aimé et le CEP rejouent la vieille partition du scrutin sous contrôle

Port-au-Prince — En 40 ans de transition post-duvaliériste, Haïti n’a jamais vraiment réussi à faire des élections présidentielles un mécanisme stable de légitimation démocratique. Sept présidentielles ont été organisées depuis 1986. Une seule, celle du 16 décembre 1990, demeure as

Haïti : 7 élections présidentielles en 40 ans, une seule véritablement « libre, crédible et honnête » — Fils-Aimé et le CEP rejouent la vieille partition du scrutin sous contrôle
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10 juin 2026
Haïti : 7 élections présidentielles en 40 ans, une seule véritablement « libre, crédible et honnête » — Fils-Aimé et le CEP rejouent la vieille partition du scrutin sous contrôle
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Haïti : 7 élections présidentielles en 40 ans, une seule véritablement « libre, crédible et honnête » — Fils-Aimé et le CEP rejouent la vieille partition du scrutin sous contrôle

  • by Rezo Nodwes
  • 10 juin 2026
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Port-au-Prince — En 40 ans de transition post-duvaliériste, Haïti n’a jamais vraiment réussi à faire des élections présidentielles un mécanisme stable de légitimation démocratique. Sept présidentielles ont été organisées depuis 1986. Une seule, celle du 16 décembre 1990, demeure associée dans la mémoire collective à un scrutin libre, crédible et honnête. En 2026, le bras de fer entre le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé et le Conseil électoral provisoire, présidé par Jacques Desrosiers, remet brutalement cette histoire au premier plan.

Le pays entre à nouveau dans une séquence électorale sous haute suspicion. La Primature veut avancer. Le CEP prétend organiser. Les chancelleries pressent. Les partis calculent. Mais le citoyen, lui, observe un appareil électoral déjà fragilisé par les querelles internes, les pressions politiques, les soupçons de manipulation du fichier d’identification et l’absence totale d’institutions élues capables d’encadrer légalement le processus.

Au centre de cette nouvelle crise : Jacques Desrosiers, président du CEP, désormais soupçonné par certains secteurs de jouer la carte du pouvoir dans le conflit opposant la Primature aux conseillers électoraux. Le soupçon est politiquement explosif. Car un président de CEP perçu comme proche de l’Exécutif ne préside plus seulement une institution technique : il devient, aux yeux de l’opinion, l’éventuel gardien d’un résultat déjà voulu par le pouvoir.

La tension entre Alix Didier Fils-Aimé et le CEP ne porte pas uniquement sur des questions administratives. Elle touche à la nature même de l’autorité électorale. Qui décide du calendrier ? Qui contrôle les ressources ? Qui valide les décisions ? Qui arbitre les désaccords internes ? Et surtout : le CEP peut-il encore se présenter comme indépendant lorsque son président est publiquement soupçonné de s’aligner sur les intérêts de la Primature ?

Ce bras de fer intervient dans un contexte où l’État haïtien ne dispose ni de président élu, ni de Parlement, ni de maires élus, ni d’un système judiciaire pleinement fonctionnel. La transition prétend conduire le pays vers les urnes, mais elle le fait à partir d’une architecture institutionnelle elle-même contestée. C’est là toute l’ambiguïté : demander au peuple de restaurer la légitimité par le vote, tout en confiant ce vote à des structures issues d’accords politiques et non du suffrage populaire.

Le scrutin du 16 décembre 1990 reste l’exception majeure de l’histoire électorale contemporaine d’Haïti. Jean-Bertrand Aristide, alors prêtre catholique engagé auprès des couches populaires, avait remporté la présidentielle avec 67,48 % des voix, face notamment à Marc Bazin, perçu comme le candidat des élites économiques et des puissances d’influence.

Cette élection avait représenté bien plus qu’une alternance. Elle avait constitué une rupture sociale, politique et symbolique avec l’ordre post-duvaliériste. Pour la première fois, une grande partie de la population pauvre avait eu le sentiment que son vote avait produit un résultat réel.

Mais l’expérience fut rapidement brisée. Le coup d’État militaire de septembre 1991 a interrompu le mandat d’Aristide et installé une longue période de violence, d’exil, de répression et de dépendance internationale. Depuis lors, chaque élection présidentielle semble avoir porté une part de cette fracture originelle : le peuple vote, mais d’autres centres de pouvoir décident souvent de la portée effective de ce vote.

Depuis 1986, les scrutins présidentiels haïtiens ont davantage produit des crises que des stabilités.

En 1988, Leslie Manigat accède au pouvoir à l’issue d’un processus largement contesté, sous influence militaire. Son mandat sera bref, vite interrompu par les rapports de force internes au sein de l’armée.

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